L'économie algérienne, dépendante essentiellement de la rente des hydrocarbures, continue de subir les conséquences de l’effondrement du marché pétrolier ainsi que du recul de la demande sur le gaz naturel. Les exportations algériennes de gaz vers l'Espagne ont nettement chuté ces derniers mois. 

Ainsi, bien que l’Algérie demeure le principal fournisseur de l’Espagne au premier semestre 2020, avec 21% d'approvisionnement du marché espagnol, la quantité du gaz exportée a chuté à des niveaux inédits, selon les données de la Corporation for Strategic Reserves of Petroleum Products (Cores) citée par l’agence espagnole EFE. Ce recul des exportations est aussi conjugué avec l’effondrement des prix sur le marché mondial.

L'Algérie perd aussi des parts du marché espagnol. Elle est passée de 50 %, les années précédentes, à seulement 21% au premier semestre de cette année. Le pays est victime de l’abondance du gaz naturel sur le marché mondial et de la baisse de la consommation, survenue suite à la crise sanitaire en Espagne. Il faut ajouter à cela la chute des prix du gaz qui ont connu, en mai dernier, un plus bas historique, induisant un net recul des exportations de la Sonatrach acheminées principalement par gazoduc.

Changement de tendance défavorable pour l’Algérie

Les observateurs expliquent également le recul des exportations algériennes de gaz par un changement de tendance, qui se poursuit depuis 2019, année durant laquelle l’Algérie représentait 33% des importations contre 51% l’année précédente.

Un changement qui réside dans les prix du gaz naturel sur les marchés internationaux. Sur les marchés, le gaz naturel liquéfié (GNL) est devenu plus attractif pour l’Espagne. Ce pays a souvent opté pour le gaz transporté par bateau et acheminé à partir de marchés plus éloignés, profitant d’un prix meilleur par rapport à celui des contrats à long terme qu’elle a signés avec son partenaire algérien.

L’Espagne a également décidé de diversifier ses sources d’approvisionnement depuis quelques années. L’Algérie a donc perdu, à cause de cette nouvelle politique, son monopole sur la livraison de gaz vers l'Espagne. Ainsi, « les Etats-Unis sont devenus un exportateur net de pétrole et de gaz il y a quatre ans après une révolution énergétique qui a permis de lever l’interdiction de les exporter. L’une des destinations de cet approvisionnement en gaz est précisément l’Espagne grâce au gaz naturel liquéfié (GNL) », selon l’expert Javier Santacruz.

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