A l'instar des autres secteurs économiques, celui des assurances est lourdement impacté par la crise sanitaire. En effet, selon Hassen Khelifati, PDG d'Alliance Assurances, le secteur risque le crash si des mesures de réglementation ne sont pas prises. Hassan Khelifati a affirmé, ce mardi 26 janvier dans une interview au journal El Watan, que certaines pratiques malsaines mettent en danger le secteur.

Le PDG d'Alliance Assurances a d'emblée fait un constat amer sur la situation du secteur. Il affirme que "l’année 2020 était une année difficile pour tout le monde, et spécifiquement pour le secteur des assurances". Hassan Khelifati explique qu’en "plus de la crise économique et l’absence des réformes, depuis plusieurs années, des pratiques malsaines sont apparues dans le secteur, tel que le dumping, la guerre des prix qui a entraîné une mauvaise qualité des services, l’allongement des délais de remboursement et le mécontentement des assurés".

Il ajoute que "l’absence du marché des nouvelles immatriculations à cause de l’arrêt des importations" a également impacté le secteur. En ce qui concerne l'impact de la crise sanitaire, le PDG d'Alliance Assurances révèle qu'elle a eu "un impact terrible sur l’activité économique, arrêt des entreprises et crise de la trésorerie, ainsi que l’annulation et le non-renouvellement des contrats".

Hassen Khelifati indique également que "les assurances des personnes ont été aussi impactées par la fermeture des frontières, sachant que l’assurance voyage pèse lourdement dans le chiffre d’affaires des AP. Pour ce qui est des assurances santé, il n’y avait pas assez d’évolution. Il y a un projet d’assurance de santé complémentaire, mais il n’est pas encore complété".

Bataille des tarifs

Il révèle qu' "en ce début d’année 2021, nous avons remarqué que la concurrence s’est exacerbée. Les entreprises ont diminué leur achat de contrats d’assurance, à cause de la bataille des tarifs qui existe dans les autres branches. De ce fait, nous encaissons moins de police, pour les mêmes risques".

Le PDG d'Alliance Assurances a souligné le retard pris par l’Algérie par rapport au Maroc et la Tunisie dans le taux de pénétration du secteur des assurances. Il explique que "les raisons de notre retard, c’est la structuration du marché avec une dominance publique. Nous avons des pratiques malsaines, tels que le dumping, la discrimination, la concurrence déloyale… Ce qui empêche lourdement le développement du secteur et son essor".

Hassan Khelifati a tiré la sonnette d'alarme sur son secteur qu'il considère agonisant. Il appelle les pouvoirs publics "pour un engagement plus ferme de la régulation à mettre en place des décisions à effet immédiat afin de stopper l’hémorragie et à engager des réformes rapides et structurelles pour le secteur pour mettre fin à cette situation intenable sur le court, moyen et long termes".

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