Le directeur de l’Agence nationale de soutien du développement de l’entrepreneuriat (ANADE, ex-ANSEJ), Mohamed Cherif Bououd, a affirmé que 70 % des petites et moyennes entreprises (PME) sont en défaut de paiement ou ont des difficultés à rembourser les crédits contractés auprès des banques. Il s'est exprimé samedi 6 février au forum du journal Echaâb. Il a révélé que 8 000 entreprises ont déposé des demandes de rééchelonnement de leurs dettes depuis septembre.

Ainsi, la crise économique conjuguée à la crise sanitaire a mis en difficulté les petites et moyennes entreprises. Les jeunes entrepreneurs trouvent des difficultés à rembourser leurs crédits contractés auprès des banques. Ils sont victimes de l’arrêt presque total de l’économie dû à la pandémie de coronavirus. Mohamed Cherif Bououd a indiqué que ces PME n'arrivent pas à rembourser "les crédits contractés auprès des banques, dans le cadre du dispositif de soutien à l’emploi".

Il a affirmé que “depuis 2011, nous avons recensé quelque 70% de petites entreprises financées par notre dispositif, en défaut de paiement ou ayant des difficultés, même si certaines d’entre elles continuent à activer normalement”. Le directeur de l'Anade a évalué ces dettes envers les banques à 172 milliards de dinars.

La bureaucratie et la crise sanitaire étouffent les PME

Mohamed Cherif Bououd explique cette situation par des raisons bureaucratiques et économiques. Il s'agit du délai de paiement spécifique à cette catégorie d’entrepreneurs. Ce délai d’une durée de trois ans et à laquelle s’ajoute un an et demi pour déposer le dossier personnel au fonds de garantie, ralentit ces PME. Il faut ajouter à cela les conséquences de l’arrêt quasi total de l’économie dû à la pandémie de coronavirus.

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Par ailleurs, le directeur de l'Anade a révélé que "les faillites des petites entreprises ont coûté au Trésor public plus de 27 milliards de dinars". Ces fonds ont été "puisés dans le fonds de garantie, qui a eu déjà à traiter le cas de 22 000 sociétés sur un total de 50 000 dossiers".

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