La  crise sanitaire impacte lourdement le secteur aérien. Les compagnies africaines sont financièrement asphyxiées par l’arrêt des vols. Elles continuent désespérément d’attendre un soutien direct des institutions financières et des Etats. Pour éviter leur effondrement, l'Association Internationale du transport aérien (IATA) a émis le souhait que les gouvernements africains renflouent les caisses de ces compagnies.

Selon l’IATA, les compagnies aériennes du continent africain avaient enregistré une perte combinée de 2 milliards de dollars en 2020. « Cette année, nous ne prévoyons qu'une légère amélioration (1,7 milliard de dollars de pertes) alors que la lutte contre Covid-19 se poursuit », souligne l'IATA dans un communiqué.

L’association internationale appelle les pays africains à accorder des prêts gouvernementaux directs, de financements en fonds propres ou d'injections de liquidités, pour les compagnies. Selon l'IATA, seule une poignée de compagnies aériennes africaines ont obtenu une aide gouvernementale de 2,04 milliards de dollars.

La compagnie aérienne nationale Air Algérie, à l’instar des compagnies étrangères, éprouvent toujours des difficultés à rapatrier les revenus issus de la vente de billets et d'autres activités dans certaines parties du continent. Selon l’IATA, ces recettes séquestrées dans 17 pays africains pour des raisons diverses atteignent aujourd’hui 601 millions de dollars.

L’association indexe notamment l’Algérie, l’Angola, le Bénin, le Burundi, la République centrafricaine, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Guinée équatoriale, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, le Soudan, le Gabon, le Cameroun, le Tchad, le Congo et le Zimbabwe.

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Cette situation « exerce une pression supplémentaire sur les compagnies aériennes, alors qu'elles luttent pour leur survie (…) La réduction des coûts et la libération des liquidités bloquées sont depuis longtemps une priorité pour l'aviation africaine. S'il y a un moment pour une action gouvernementale décisive sur ces questions, c'est maintenant », estime Kamil Al Awadhi, le vice-président régional de l'IATA pour l'Afrique et le Moyen-Orient.

A noter que la compagnie aérienne nationale Air Algérie se trouve au bord de la faillite. Dans quelques semaines, ses dirigeants seront incapables de prendre en charge les salaires des 9 600 employés de l’entreprise. C’est ce qu’a révélé, récemment, le quotidien francophone Liberté qui cite une source proche de la compagnie, reprenant les propos du patron par intérim du transporteur national.

En effet, Air Algérie risque de se retrouver avec une trésorerie entièrement dans le négatif. Sérieusement affectée par la pandémie de coronavirus, la compagnie nationale se trouve dans le rouge, selon les propos de son président-directeur général par intérim, Amine Mesraoua, qui considère la situation de son entreprise comme préoccupante.