La compagnie nationale Air Algérie vit une situation financière des plus compliquées causée par la fermeture des frontières depuis plus d'une année. Face à cette situation, les responsables de la compagnie s'en remettent désormais aux pouvoirs publics afin de sortir de cette impasse.

Air Algérie continue de subir de plein fouet les conséquences de la fermeture des frontières et la suspension du trafic aérien. Au bord du gouffre, la compagnie se retrouve dans la difficulté de gérer les salaires de ses employés pour les mois à venir. Les responsables de la compagnie ont estimé que sans l'aide du gouvernement algérien, la société se dirige droit vers la faillite.

« Le PDG a tout mis sur la table pour que tout le gouvernement soit au courant du spectre de la faillite qui guette la compagnie qui se retrouvera, dans quelques semaines, avec une trésorerie totalement dans le négatif », avait indiqué il y a quelques jours, une source proche de la compagnie au quotidien francophone Liberté.

910 millions de dollars pour sauver Air Algérie

Afin de sortir de cette impasse, les responsables d'Air Algérie comptent sur une aide de l'Etat algérien. Le média El Arabi El Djadid, qui cite une source officielle au sein du Conseil d'administration de la compagnie aérienne, a indiqué qu'Air Algérie va demander un prêt, lors du prochain conseil d’administration qui se tiendra le 7 mai prochain.

Estimé à 120 milliards de dinars, soit 910 millions de dollars, ce prêt sera « destinée à couvrir les dépenses de l'entreprise et les salaires d'environ 10.000 travailleurs et à rembourser les dettes de l'entreprise », a indiqué la même source qui ajoute qu'une partie de cet argent sera également versée aux investissements étrangers.

En février dernier, Amine Andaloussi, porte-parole d’Air Algérie, avait parlé d’une « chute drastique » des revenus de la compagnie. « Nous n’avons jamais connu une telle baisse en quelques mois », avait-t-il précisé. L’entreprise publique a enregistré en 2020 ses plus lourdes pertes financières. Avec un recul de 37 % de son bénéfice net, le manque à gagner pour le transporteur public s’élève à plus de 40 milliards de dinars, soit environ 250 millions d’euros.

Air Algérie prévoit une reprise des activités vers juillet-août

Pour rappel, le responsable de la communication d’Air Algérie, Amine Andaloussi, avait indiqué que la compagnie aérienne avait déjà prévu des scénarios de reprise. Néanmoins, le transporteur aérien doit attendre que les restrictions sur les déplacements soient levées et les frontières extérieures des pays soient rouvertes. « Mais avant de parler de re-décollage, il faut d’abord que les pays rouvrent leurs frontières et lèvent les restrictions de déplacements. A ce moment-là, Air Algérie fera une reprise progressive de ses vols », a-t-il déclaré.

Air Algérie espère reprendre ses activités vers juillet-août, selon Amine Andaloussi. « En l’état actuel de la pandémie et des décisions prises un peu partout dans les pays avec lesquels nous avons des relations, nous espérons reprendre nos activités vers juillet-août » a-t-il encore révélé. Il a toutefois reconnu que la compagnie nationale a subi des pertes colossales dues, entre autres, aux annulations des périodes de pointe que constituent la Omra et le début de la période estivale.