Alors que les lois de finances complémentaires doivent être des exceptions, en Algérie, elles deviennent une règle depuis plusieurs années. En effet, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a présenté, lors de la dernière réunion du gouvernement, l’avant-projet de loi de finances complémentaire pour l’année 2021.

Ce texte, qui n'a pas encore été rendu public, comporte plusieurs dispositions, selon des sources médiatiques. Il apporte plusieurs modifications à la loi initiale. Ainsi, les dépenses budgétaires vont augmenter en Algérie, en parallèle à certaines taxes, pour soutenir les recettes de l’Etat.

Cet avant-projet de loi propose également de nombreuses mesures pour soutenir les investissements. Il y aura une légère hausse des budgets de fonctionnement de plus de 350 milliards de dinars, pour atteindre 5 660 milliards de dinars, et celui d’équipement de plus de 179 milliards de dinars à 2 970 milliards de dinars. Cette variation permettra d’atteindre un niveau de dépenses de 8 640 milliards de dinars, destiné notamment à faire face à de nombreuses charges liées à plusieurs secteurs.

Ces dépenses seront consacrées, en particulier, au fonctionnement des dix nouvelles wilayas créées récemment et au paiement des indemnisations des employés du secteur de la santé et ceux de l’intérieur (35 milliards de dinars). Huit milliards de dinars supplémentaires seront également  consacrés à l’acquisition de vaccins contre la Covid-19. Le nouveau budget prévoit aussi 50 milliards de dinars pour le versement des retards de paiement constatés dans le secteur de l’éducation en Algérie.

Dans cet avant-projet, l’Etat compte également consacrer une partie du budget dans les dépenses pour soutenir les produits subventionnés, qui connaissent une hausse des prix sur les marchés internationaux. Ces dépenses vont aussi assurer la tenue des élections législatives et locales ainsi que le versement à la CNAS de ses créances liées aux soutiens de la caisse pour les tests PCR et les scanners.

Hausse attendue des prix du tabac

Afin de faire face à ces nouvelles dépenses, l’avant-projet de loi a prévu la hausse d’une taxe additionnelle pour la production des produits de tabac, pour atteindre les 32 DA pour un paquet de tabac au lieu des 22 DA actuels. Ainsi, les consommateurs de tabac vont devoir payer ces nouvelles dépenses. Le tabac est devenu un véritable levier pour équilibrer les budgets de l'Etat depuis l'introduction de cette taxe additionnelle en 2002. Cette taxe, qui était de l’ordre de 2,50 DA le paquet en 2002, a atteint 22 DA en 2020. Il est également instauré une nouvelle taxe complémentaire de 10% sur les bénéfices des sociétés de tabac. Ainsi, l’IBS, qui est de l’ordre de 19% en ce moment, passera à 29% pour les sociétés productrices de tabac.

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