La situation au niveau des frontières est de l’Algérie inquiète au plus haut point les services de l’Armée nationale, en raison des risques d’actes terroristes des différents groupes islamistes présents dans la zone frontalière avec la Libye. Une situation qui fait que les autorités algériennes ont décidé de renforcer le dispositif militaire à la frontière avec la Libye (980 km de long) afin de prévenir l’infiltration de groupes armés djihadistes et des mercenaires depuis ce pays voisin.

En effet, l’état major de l'Armée nationale populaire (ANP) a mobilisé ses unités opérant aux frontières avec le Niger, la Libye et le Mali, selon une source militaire citée par le quotidien arabophone El Khabar dans son édition du 12 mai.  Cette dernière a révélé que, depuis 2020, « la Libye est devenue une nouvelle source d'instabilité dans toute la région désertique de l'Afrique centrale et au Maghreb à cause des craintes d’infiltration des milices vers les pays voisins ». Selon la même source, la situation en Libye est actuellement plus inquiétante que celle qui a suivi la chute du régime du guide libyen Maâmar El Kadhafi. « En 2012 la Libye est devenue le principal exportateur d'armes de contrebande vers un groupe de pays voisins. Aujourd'hui, la Libye est passée à une nouvelle phase, plus dangereuse, qui est celle de l'exportation de  mercenaires  et de milices étrangères vers les pays voisins », explique la source sécuritaire.

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Risque d’infiltration de djihadistes et de mercenaires depuis la Libye

Les grandes puissances internationales et régionales d'Afrique dont l'Algérie, sont conscientes du danger que représentent les combattants étrangers en Libye, d’où cette alerte des troupes de l’ANP au niveau de la frontière Est.  « Les principales raisons de préoccupation sont que les éléments des milices étrangères opérant en Libye ont acquis une vaste expérience de combat qui s'étend sur une période de 10 ans » explique la même source. Il faut dire aussi que la présence en Libye de milliers de combattants  de différentes nationalités notamment syriens, irakiens et turcs, est une source d’inquiétude pour l’état major de l’armée algérienne.

Selon des sources sécuritaires, la Libye est devenue aujourd’hui le deuxième ou troisième pays d’accueil de groupes djihadistes venus d'Irak et de Syrie après l'effondrement de l'État islamique (Daech). Les djihadistes qui ont fui vers la Libye en 2017 et 2018 savaient que la Libye était le point de chute le moins dangereux pour eux vu la situation d’instabilité dans ce pays.

Des rapports des services de renseignement et de sécurité affirment l'existence des familles djihadistes qui ont fui vers la Libye et d'autres djihadistes ont été associés à des groupes de combat en Libye, selon leurs convictions idéologiques. Certains rapports sont allés jusqu’à accuser le gouvernement turc de faciliter le transfert de milliers de ces djihadistes de la Syrie vers la Libye. Une donne qui constitue aujourd’hui une menace certaine sur la sécurité des pays voisins de la Libye notamment l’Algérie, d’où ce branle bas de combat chez les militaires de l’ANP au niveau des frontières entre les deux pays.