Plusieurs spécialistes s'attendaient à une importante hausse du taux de change de l'euro face au dinar sur le marché noir des devises, après l'annonce de la réouverture prochaine des frontières de l'Algérie. Or, quelques jours après cette annonce, l'on constate que la monnaie européenne, tout comme les autres devises étrangères, est restée plutôt stable sur le marché parallèle des changes.

L'annonce de la reprise des liaisons aériennes et maritimes de et vers l'Algérie n'a pas eu l'effet escompté sur le marché noir des devises. Ce jeudi 27 mai, la monnaie européenne s’échangeait à 213 dinars pour un euro à la vente et à 210 dinars algériens à l’achat sur le marché parallèle.

Ainsi, contrairement aux prévisions des spécialistes, l'euro n'a pas connu une hausse très importante face au dinar algérien. En effet, depuis l'annonce de la réouverture partielle des frontières en Algérie, la monnaie européenne est passée de 209 dinars à 213 dinars pour 1 euro, soit une hausse de 4 dinars seulement. Une marge qui reste insignifiante par rapport aux prévisions des cambistes, lesquels tablaient sur un euro à plus de 220 dinars.

Ainsi, les « revendeurs » de devises, qui s'attendaient à une hausse de l'offre et de la demande des monnaies étrangères, après la décision de la réouverture des frontières, sont rattrapés par la réalité du terrain. Les conditions imposées par les autorités aux Algériens désirant rentrer au pays ont eu pour effet de dissuader beaucoup de voyageurs de prendre l'avion. S'ajoute à cela le fait que les résidents en Algérie ne peuvent toujours pas formuler leurs demandes de visas touristiques, en prévision des vacances d'été.

Les marchés noirs des devises tournent toujours au ralenti

Interrogés par le quotidien francophone El Watan, les cambistes du marché noir du Square Port-Saïd, à Alger, ont avoué qu'ils espéraient que l'annonce de l’ouverture des frontières allait redynamiser un marché noir plongé depuis plusieurs mois dans une léthargie profonde.

« Le change est soumis à l’offre et la demande », a fait savoir un marchand au média francophone, soulignant que l'offre reste toujours restreinte avec la fermeture des frontières. Pour les jours à venir, « nous ne pouvons pas prévoir comment va être l’évolution du taux de change sur le marché », a indiqué le même cambiste qui reste « dans l'attente d’une évolution ».

« Le taux de change sur le marché parallèle va suivre le taux officiel »

Pour sa part, l’économiste Kamel Benkhebecheche a affirmé au même journal que la valeur du « dinar va baisser, suite à l’ouverture des frontières ». Selon lui, « le taux de change sur le marché parallèle va suivre le taux officiel ». Le dinar algérien, qui enchaîne les baisses historiques face aux monnaies étrangères, a encore perdu de sa valeur. Selon les chiffres de la Banque d’Algérie de jeudi 27 mai, l’euro s’échangeait à 163,25 dinars. Tandis que le dollar américain vaut désormais 133,32 dinars, selon la même institution financière.

Néanmoins, le même spécialiste économique estime que « l’écart entre les deux taux n’augmentera pas, il peut même se réduire ». Kamel Benkhebecheche prédit même que la demande sur les devises au niveau du marché informel va baisser : « La population étant de plus en plus pauvre (dépréciation du dinar, inflation) », a-t-il expliqué.