Les réserves de change de l’Algérie se sont effondrées comme l'avaient prévu les économistes. Elles ont chuté à 44 milliards de dollars, selon les chiffres annoncés par Abdelmadjid Tebboune. Ces réserves se sont contractées de 7,6 mds de dollars en seulement une année. 

Cette importante contraction est due à l’impact de la crise sanitaire du coronavirus sur l’économie nationale. Elle révèle la situation très critique de l'économie en Algérie. Cette Contraction des réserves de change est le résultat de l'hyperdépendance de l’Algérie à la rente pétrolière, qui représente 95 % de ses exportations. Une dépendance qui met l'économie nationale en péril.

La crise sanitaire a largement impacté l'économie algérienne

Plusieurs spécialistes ont déjà tiré la sonnette d’alarme avant même l’effondrement des cours du pétrole et l’instauration des mesures de confinement. L’économiste Mohammed Achir avait préconisé la mise en place de mesures structurelles « si on veut éviter un chaos généralisé ». Il avait déjà  indiqué, il y a une année de cela, que « la dette publique avoisine les 50 % du PIB et le déficit budgétaire prévisionnel pour cette année s’aggraverait davantage avec la dégringolade des cours du pétrole et le ralentissement de l’activité économique causé par la crise sanitaire ».

Ainsi, malgré la hausse relative des prix du pétrole ces derniers mois, les réserves de changes continuent à s’effondrer. Ces dernières sont passées de près de 194 milliards de dollars en mi-2014 à 44 milliards de dollars actuellement, soit une perte sèche d’environ 150 milliards de dollars en un laps de temps de sept années seulement. Parallèlement à cette érosion considérable de ses réserves de change, le pays a dévoré l’ensemble de ses avoirs en dinars stockés dans le Fonds de régulation des recettes (FRR), dont le solde était de 5155,9 milliards de dinars à fin juin 2014.

La Banque d’Algérie explique cette érosion par « l’excès de la dépense intérieure brute de l’ensemble des agents économiques sur le revenu national ; autrement dit, quasiment l’excès des importations de biens et services sur les exportations ». Cependant les experts en économie soulignent que le problème est plus profond. Il s'agit de la diversification de l'économie nationale qui tarde à voir le jour. Le modèle rentier de cette économie l'a rendue vulnérable aux crises que connait le marché pétrolier.