C’est un constat peu reluisant de la situation politique et sociale en Algérie que dressent les forces du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD). Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 1er septembre 2021, le mouvement d’opposition n’a pas caché son inquiétude quant à la direction qu’a prise l’Algérie.

« La rentrée sociale s’effectue dans un contexte marquée par une accentuation de la répression et de la dérive autoritaire du pouvoir », assène d’emblée le PAD, qui explique : « Sa double gestion catastrophique des derniers feux de forêts et de la crise sanitaire engendrée par la pandémie du Covid-19 d’une part et, d’autre part, la résurgence des sempiternelles pénuries de l’eau potable, ainsi que la chute vertigineuse du pouvoir d’achat pour la majorité du peuple algérien et le développement continu du chômage endémique des jeunes constituent les éléments clés de la conjoncture », indique en effet le PAD dans sa déclaration.

Le PAD dénonce une situation de « tout sécuritaire » en Algérie

Le même mouvement politique, qui a exprimé son rejet des prochaines élections locales prévues le 27 novembre, a tenu à rappeler que « des centaines de détenus politiques et d’opinion, dont des militants et des dirigeants politiques à l’instar du coordinateur national du MDS Fethi Ghares, sont maintenus arbitrairement en prison ». Il a également souligné que « des journalistes, des avocats et de jeunes activistes du Hirak populaire et des réseaux sociaux sont incarcérés par une justice aux ordres ».

Pour le PAD, « une véritable guerre est menée contre les libertés fondamentales. Le glissement du Haut Conseil de Sécurité (HCS), qui est une institution légalement consultative, vers des fonctions de direction politique du pays promulguant des décisions impératives, est l’ultime dérive de cette stratégie du tout sécuritaire visant à pérenniser un climat de terreur permanent ».

Situation économique : l’Algérie n’est pas mieux lotie, selon le PAD

Sur le plan économique, la situation est aussi alarmante aux yeux du PAD, qui dénonce « la mise en œuvre des politiques économiques antinationales et antisociales qui consistent en premier lieu, comme annoncées officiellement, à privatiser et à liquider ce qui reste du secteur public, notamment les banques, et à brader les richesses nationales au profit d’une nouvelle oligarchie et des puissances étrangères et leurs multinationales », explique-t-il en effet dans sa déclaration.

Relation avec le Maroc : « la fraternité historique […] doit être au dessus des toute considération »

S’exprimant sur la suspension des relations avec le Maroc, le PAD a regretté que la situation arrive à ce point. « Le PAD considère que les agissements répétés du pouvoir marocain, notamment par la voix de son représentant au niveau des Nations Unies, ou sa complaisance vis-à-vis des déclarations hostiles à l’Algérie par un officiel de l’État sioniste d’Israël à partir du territoire du Royaume, sont des dérives inacceptables et constituent une attitude provocatrice envers notre pays », explique le PAD.

Mais les forces du Pacte pour l’alternative démocratique explique que « la fraternité historique entre les deux peuples algérien et marocain, qui aspirent à la liberté, le développement et la paix, doit être au dessus de toute autre considération ». « L’Histoire et le destin communs des deux peuples frères ne sauraient s’accommoder de toute rupture officielle ou hostilité malveillante qui entravent la construction de l’unité entre les peuples maghrébins », écrit encore le PAD.