Les concessionnaires de voitures sont toujours dans l'expectative. Près de 2 mois après l'instruction donnée par le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune au gouvernement de procéder à la révision du cahier des charges et à l'accélération de l'annonce des concessionnaires agrées, rien ne se profile encore à l'horizon.

Cette histoire d'importation de voitures neuves et d'agrément de nouveaux concessionnaires n'a toujours pas connu son épilogue. Annoncé puis reporté à plusieurs reprises, ce dossier, qui devait voir le jour au début de l'année 2022, est toujours resté bloqué au niveau du gouvernement. Pourtant, le mois de décembre dernier, le chef de l'État avait ordonné « la révision immédiate du cahier des charges fixant les conditions d'importation des véhicules et l'accélération de l'annonce des concessionnaires agréés », selon les termes du communiqué du Conseil des ministres du 5 décembre 2021.

Les concessionnaires de voitures tirent la sonnette d'alarme

Près de 2 mois après cette annonce, c'est toujours le statu quo. Une situation qui a poussé les concessionnaires automobiles algériens à interpeller le chef de l'État à travers une lettre pour lui demander  d'« accélérer la délivrance des agréments pour l'importation de voiture et de trancher sur les dossiers des concessionnaires se trouvant auprès de la commission de recours », au niveau du gouvernement.

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Dans une lettre signée par 70 représentants et publiée ce lundi 24 janvier par plusieurs médias, le collectif des concessionnaires automobiles algériens rappelle que « 48 jours se sont écoulés depuis la décision du chef de l'État concernant la délivrance des nouvelles licences d'importation de véhicules, et le dossier est toujours en suspens et le cahier des charges n'a pas été modifié comme précédemment ordonné par chef de l'État ».

Des pertes estimées à plus de 1000 milliards de centimes

Tout en rappelant que « le ministère de l'Industrie a reçu 65 dossiers de licences d'importation de voiture et 7 seulement ont obtenu à agrément provisoire », les représentants des concessionnaires ont révélé que « les pertes subies par le blocage des importations et la non attribution de nouvelles licences sont estimées à plus de 1 000 milliards de centimes ».

Selon le même collectif, le retard dans la délivrance de nouvelles licences d'importations a entrainé également une hausse sans précédent des prix de voitures neuves, estimée à 200 % par rapport à 2016, ainsi que « la pénurie de la pièce détachée ». Une situation qui nécessite « l'importation de 500 000 voitures par an » afin de répondre aux demandes des clients et permettre ainsi aux concessionnaires de tirer leurs bénéfices.