Un Franco-Algérien exerçant comme pilote au sein de la compagnie Air France a été suspendu pour radicalisation. Son avocat conteste les soupçons de radicalisation et parle de dénonciation calomnieuse et de sabotage professionnel, selon un article du quotidien français Le Parisien qui s'abstient de révéler l'identité du pilote.

Avant octobre 2021, le Franco-Algérien, né à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et ex-pilote d'Air Algérie, était tout content de gravir les échelons, passant de stagiaire personnel navigant commercial (PNC) chez Air France à officier pilote de ligne chez Air Algérie. En 2018, il a même rejoint la compagnie Hop, filiale d'Air France. Le 5 octobre 2021, il a réussi la sélection pour intégrer la maison-mère Air France.

Mais voilà que 10 jours plus tard, la préfecture de police de Paris et la préfecture de Loire-Atlantique (siège social de Hop) ont pondu un arrêté lui retirant son habilitation d'entrée aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes. Un arrêté synonyme d'interdiction d'exercer son métier pour ce pilote que l'on soupçonne de radicalisation.

Le Franco-Algérien accusé d'entretenir des relations avec des islamistes

Selon l'arrêté de la préfecture, le Franco-Algérien est accusé d'être proche d'un ancien collègue d'Air Algérie « connu pour sa pratique rigoriste de l'islam ». Il est également accusé d'entretenir des relations avec des individus connus comme appartenant ou étant proches de la mouvance islamiste radicale.

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L'arrêté ne motive pas ces accusations, puisqu'elles parviennent d'une « note blanche », un document non signé produit par les services de renseignements qui retient comme grief contre le pilote concerné le respect des heures de prière, y compris pendant un vol, et le respect du jeûne lors du ramadan. Cette dernière pratique se fait, selon l'arrêté en question, au mépris des règles de sécurité aérienne.

Tout cela a été produit devant le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) que le pilote algérien a saisi dans le but de contester la décision de sa mise à l'écart et d'obtenir la suspension de la décision de la préfecture. Devant le même tribunal, la préfecture a même fait état du manque de confiance chez certains personnels qui auraient dit qu'ils ne souhaitaient plus voler avec le pilote incriminé.

Mais visiblement, les personnels qui ne souhaitaient pas voler avec le pilote algérien n'ont pas pensé contacter officiellement leur hiérarchie pour concrétiser leur vœu, selon le directeur des opérations aériennes de la compagnie Hop, contacté par l'avocat du pilote, Me Eric Moutet, qui dit croire que le pilote suspendu est « victime d'une dénonciation calomnieuse ».

« L’existence de liens entre mon client et son ancien collègue d’Air Algérie ne signifie pas nécessairement une adhésion à la même pratique religieuse, étant précisé qu’il n’a pas connaissance d’une appartenance de ce dernier à une mouvance radicale », affirme l'avocat, repris par Le Parisien qui citera des collègues du pilote qui contestent complètement l'accusation de radicalisation.

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Des collègues témoignent en faveur du pilote algérien

« Rien dans son comportement ne m’a laissé sous-entendre un quelconque radicalisme. C’est même quelqu’un de très ouvert, avec qui j’ai pu discuter de différents sujets et avec qui j’ai beaucoup apprécié travailler », témoigne une hôtesse de l'air, comme un PNC qui affirme avoir toujours vu le pilote algérien « s’adresser à tous avec respect et courtoisie, quels que soient la confession religieuse, le genre ou même l’orientation sexuelle. Étant moi-même de confession juive, fait dont il est totalement au courant, cela n’a jamais altéré nos relations de travail, encore moins notre amitié ».

L'avocat ne manquera pas de demander au tribunal administratif d'écarter la fameuse « note blanche » des débats, dont les sentences ne sont pas étayées. Surtout que le pilote nie fermement avoir jeûné dans un avion dans lequel il était en fonction. Il demandera surtout de suspendre la décision de retrait d'habilitation qui empêche le pilote d'exercer son métier.