À une semaine du deuxième tour de la Présidentielle, la candidate Marine Le Pen veut mettre tous les atouts de son côté pour capter un maximum de voix. Connue pour son hostilité au port du voile islamique au point d’annoncer son projet de l’interdire en France, la candidate de l’extrême droit a décidé subitement de faire un rétropédalage.

L'interdiction du voile dans l'espace public, qui figure dans le programme de Marine Le Pen pour la présidentielle 2022, n’est désormais plus sa priorité, et ce à une semaine du deuxième tour prévu le 24 avril prochain. C’est ce qu’ont affirmé plusieurs responsables de la campagne électorale de la candidate, ce dimanche 17 avril dans les médias.

Invitée le 4 avril de RMC, à quelques jours du premier tour de la Présidentielle, Marine Le Pen avait réaffirmé son intention d'interdire le voile dans les espaces publics. « Je veux interdire le port du voile dans l’espace public. En réalité, j'élargis la loi de l’interdiction du port du voile à l’école pour qu’elle touche l’intégralité du domaine public », a-t-elle affirmé.

Marine Le Pen fait un rétropédalage à propos de l’interdiction du port du voile en France

Entre temps, Marine Le Pen se retrouve qualifiée au deuxième tour face à Emmanuel Macron, qui l'a sévèrement critiqué sur son projet d'interdire le voile, a semble-t-il décidé de changer de ton et même de position à propos du voile islamique. En effet, le 16 avril, lors de l’une de ses sorties sur le terrain dans le cadre de la campagne électorale, elle a tenu des propos très conciliants sur la question du voile.

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Face à une Française voilée avec laquelle elle avait tenu une discussion, Marine Le Pen a admis devant les journalistes que même si le voile est un « problème complexe », elle n'est « pas obtuse » sur la question. Marine Le Pen, dont les propos sur le voile contrastent avec ceux qu’elle avait tenus quelques jours auparavant, est allée jusqu'à affirmer que la mesure d'interdiction du voile dans la rue « sera débattue à l'Assemblée nationale ».

Pour Marine Le Pen « la priorité est la lutte contre l’islamisme »

Pour de nombreux observateurs, les propos de Marine Le Pen sonnent comme un recul à propos de la question de l’interdiction du voile dans l’espace public. Et c’est bien de cela qu’il s’agit, à entendre les explications données ce dimanche 17 avril par de nombreux responsables de la campagne électorale de la candidate. « Dans la lutte contre l'islamisme, l'interdiction du voile dans l'espace public arrive après la fermeture des mosquées salafistes, l'interdiction du salafisme, et la coupure des financements islamistes », affirme Sébastien Chenu, porte-parole de Marine Le Pen sur l’antenne de BFM TV.

« Quand on aura fermé les mosquées salafistes, coupé tous les financements, interdit le salafisme, croyez-moi on aura fait tomber 90 % des voiles islamistes », ajoute-t-il. Et de préciser : « notre but n'est pas de batailler contre des femmes, il est de protéger et de libérer celles à qui le voile est imposé ». Une précision de taille qui confirme ainsi que le projet de l’interdiction du port du voile n’est plus la priorité de Marine Le Pen dans le cadre de ce qu’elle qualifie de « lutte contre l’islamisme ».

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D’ailleurs, Sébastien Chenu a ajouté que si Marine Le Pen est élue présidente, le Parlement sera saisi non pas pour « interdire » le voile comme cela était prévu, mais pour en « limiter » son port dans l’espace public. « Le Parlement se saisira de cette question et apportera les réponses pratiques pour qu'effectivement la grand-mère de 70 ans qui porte son petit voile depuis des années ne soit pas concernée, car elle n'est pas la cible. La cible ce sont les islamistes », précise le porte-parole de Marine Le Pen.