Les institutions économiques mondiales se sont accordées à dire que la conjoncture actuelle est très difficile. La guerre en Ukraine a plombé la croissance et a fait exploser l'inflation. Les voyants sont au rouge. Ce constat a été confirmé par la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur). Cette compagnie affirme dans son baromètre du deuxième trimestre de l'année 2022 que l'économie mondiale encoure le risque d’un atterrissage brutal.

Ainsi, cette compagnie d'assurance a affiché son pessimisme concernant les perspectives de l'économie mondiale. Elle affirme que la navigation en zone de turbulences risque de se poursuivre. Jean-Christophe Caffet, économiste en chef de l’organisme d’assurance indique que « l'atterrissage en douceur est toujours possible, mais il paraît de plus en plus improbable ». Dans son baromètre, la Coface souligne que « quatre mois après le début des hostilités en Ukraine, un premier enseignement peut être tiré : le conflit, qui devrait durer, a déjà bouleversé l’équilibre géoéconomique mondial. À court terme, la guerre exacerbe les tensions dans un système de production déjà mis à mal par deux années de pandémie, et accroît le risque d’un atterrissage brutal de l’économie mondiale ».

Le risque de récession existe réellement

Pour la compagnie d'assurance, le risque de récession existe réellement. C'est pour cette raison que cette compagnie a revu à la baisse l’évaluation de 19 pays, dont 16 situés en Europe. Le baromètre de la Coface met en évidence le ralentissement de l’activité économique et le risque de stagflation . Ce rapport affirme que « compte tenu de l’accélération de l’inflation, de la dégradation des anticipations des agents, du durcissement des conditions mondiales, l’activité au deuxième trimestre ne s’annonce pas beaucoup mieux dans les économies avancées, et nettement moins favorable dans les économies émergentes. S’il est trop tôt pour dire que l’économie mondiale est entrée dans un régime stagflationniste, les signaux vont dans ce sens ».

Cependant, la Coface signale que le contexte est toutefois favorable aux exportateurs de matières premières, et plus particulièrement de pétrole. Dans ce sens, la Coface a procédé à la révision des risques concernant le secteur de l’énergie des pays producteurs, alors que les déclassements sectoriels ont porté sur le secteur de l’énergie dans les pays où les entreprises sont situées en aval de la chaîne de production, comme l’Europe. L'assureur a également revu à la hausse le risque pour les industries dont la chaîne de valeur est énergivore dans leur processus de production, à l’exemple du papier, la chimie et les métaux. L’agroalimentaire est aussi un des secteurs qui connaît le plus grand déclassement ce trimestre, et ce, dans pratiquement toutes les régions du monde.

Pour l'avenir, la Coface met en perspective trois scénarios possibles : stagflation, récession et atterrissage en douceur. « Notre scénario central suggère un ralentissement de l’activité au cours des 18 prochains mois, permettant une décélération progressive de l’inflation. Nos prévisions de croissance sont particulièrement mauvaises», indique donc la Coface en n’écartant aucun scénario.