Fidèles à leurs lignes, les députés et responsables du parti d’extrême droite française le Rassemblement national (RN) ne ratent aucune occasion pour s'attaquer aux pays de l’Afrique du Nord, notamment l'Algérie. C'est carrément une tradition pour ce courant politique créé par des nostalgiques de l'Algérie française. Le Front national devenu Rassemblement national, malgré les signes de changement en apparence, reste donc ce parti anti-immigré, surtout si ces derniers sont africains.

En effet, les déclarations de ce parti sur ce sujet restent les mêmes. Pendant la campagne des présidentielles, le président par intérim du Rassemblement national Jordan Bardella avait fait polémique en appelant à accueillir les réfugiés ukrainiens et pas les autres réfugiés. Il avait parlé de conflit de civilisation en déclarant que les réfugiés ukrainiens « sont plus proches de chez nous. Je me sens « civilisationnellement » parlant plus proche des Ukrainiens que je ne l'étais des Syriens, qui sont des peuples beaucoup plus loin, dont l'accueil peut se faire par d'autres pays musulmans ».

Pour justifier son choix et la différence de traitement entre les réfugiés de guerre, notamment les Libyens cités par un journaliste, le responsable du Rassemblement national avait déclaré : « c'est vrai que Marseille ressemble de plus en plus à la Libye ou à Alger, mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que si la solidarité européenne a un sens, je pense que c'est là qu'elle doit s'exprimer. Dans le strict respect du droit d'asile, qui a été dévoyé pour accueillir tout et n'importe qui, des familles qui temporairement, dans le temps du conflit, sont sous les bombes aujourd'hui et dont les maris sont partis combattre, on peut les accueillir ».

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Engager une discussion diplomatique et menacer

Une autre fois, Jordan Bardella s'est distingué par une nouvelle déclaration hostile à l'Algérie. Le 12 juillet sur Franceinfo le président par intérim du RN a demandé à ce que la France « arrête de se prosterner devant l'Algérie » au sujet des ressortissants algériens faisant l’objet de décisions d’expulsion du territoire français.

Il a rappelé que selon les chiffres du gouvernement diffusés en septembre 2021, sur 7 731 demandes d’expulsion vers l'Algérie, entre janvier et juillet 2021, Alger n'a délivré que 31 laissez-passer consulaires, soit un taux d'exécution de 0,2 %. Jordan Bardella demande donc à la France de durcir le ton : il faut « engager une discussion diplomatique et menacer, si l'Algérie ne souhaite pas reprendre ses spams et ses indésirables, c'est-à-dire ces délinquants et criminels étrangers, de couper l'aide au co-développement, les transferts de fonds et les rapatriements d'argent. Je peux vous assurer que si vous faites ça, en un quart d'heure, vos délinquants sont dans l'avion ». Le député du rassemblement national perpétue donc la tradition instaurée depuis le temps de Jean Marie Le Pen, qui consiste à stigmatiser les immigrés algériens en les fendants responsables de tous les maux en France.