La crise diplomatique entre l’Algérie et l’Espagne n’est pas sans conséquences sur les entreprises espagnoles de céramique. L’Association nationale des fabricants d’émaux et couleurs céramiques annonce une perte de 40 millions d’euros et demande au Gouvernement de solutionner le conflit avec Alger le plus vite possible.

Au début de l'été, l’association patronale annonçait déjà que ses membres avaient perdu dans les 25 millions d'euros et, aujourd’hui, les chiffre est monté à 40 millions d’euros, ce qui est, estime la même association, une perte considérable. L’Association des fabricants d'émaux monte au créneau et exige du Gouvernement espagnol "une solution diplomatique au conflit dans les plus brefs délais".

Elle explique, en outre, que les Algériens n'acceptent pas les produits des entreprises espagnoles provenant d'usines de production situées dans d'autres pays, ce qui a entraîné la disparition complète des relations commerciales dans le secteur de la glaçure céramique avec la rive sud de la Méditerranée.

Les entreprises espagnoles de céramique, une référence mondiale ignorée par l'Algérie

A noter que l’Espagne est considérée comme une référence mondiale dans les émaux et les couleurs céramiques, c'est-à-dire la partie qui recouvre les carreaux, leur donnant le design et la couleur souhaités. Durant ces dernières années, elle a pu conquérir plusieurs marchés. Après l'Italie, l'Algérie était le principal marché vers lequel les entreprises espagnoles exportaient ces produits.

À lire aussi :  Jusqu'à quand l'euro va continuer à chuter devant le dollar et le dinar ?

En juin 2022, Alger a suspendu l'accord d'amitié avec Madrid, en vigueur depuis 2002. La raison de cette décision, faut-il le rappeler, était la brusque volteface de l'Espagne dans le dossier du Sahara occidental. L'Association des banques et des établissements financiers (ABEF) a annulé les opérations bancaires liées au commerce des produits en provenance d'Espagne, signe de l'exacerbation des relations commerciales entre les deux pays.

Suite à la crise du gaz à laquelle fait face l’Europe et sous la pression d’entreprises ibériques, le Gouvernement espagnol a multiplié, ces derniers temps, les appels adressés à Alger. Le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé à moult reprises son envie de se rendre en Algérie pour dénouer le conflit qui oppose les deux pays. Mais Alger, pour le moment, ignore toutes les tentatives de rapprochement entreprises par Madrid.