Le fameux match Algérie-Cameroun ne finit pas de faire réagir. Cette fois-ci, c'est le chargé de communication de la Fédération algérienne du football (FAF), Salah Bey Aboud, qui lance un coup de gueule contre la FIFA. Et les mots qu'il emploie ne sont pas tendres.

En date du 29 mars 2022, la sélection camerounaise a réussi à renverser l'équipe nationale algérienne en barrage pour la Coupe du monde de la FIFA 2022[1]L'Algérie perd sa place en Coupe du Monde 2022. Le match, qui s'est terminé sur le score de 1-2 en faveur du Cameroun, a beaucoup fait parler de lui. La cause : un arbitrage jugé par les supporters algériens en deçà des exigences du football moderne. Ces supporters, ainsi que la FAF, ont contesté les résultats qui les ont privés d'aller au Qatar disputer le Mondial.

La FAF, en partie pour répondre à la pression des supporters algériens, a déposé un recours auprès de la FIFA[2]Algérie-Cameroun : Après son recours auprès de la FIFA, la FAF sort la carte du Tribunal arbitral du Sport. Bien que l'instance footballistique algérienne ait avoué avoir reçu un courrier[3]La FAF déboutée par la Commission d'arbitrage de la FIFA ? où la FIFA l'informe d'avoir pris « bonne note » de son message et que « l’ensemble des incidents survenus pendant le match ont été examinés avec soin par les deux arbitres "vidéo", conformément aux Lois du Jeu et au protocole d’assistance vidéo à l’arbitrage », il semble que la FAF ait attendu une réponse plus définitive, plus claire et – peut-être – plus officielle de la part de la FIFA à son « recours ».

Ce « silence » n'a justement pas manqué d'irriter le chargé de communication de la FAF. En effet, dans un tweet publié dans l'après-midi du 18 octobre, Salah Bey Aboud a écrit : « La FIFA a donné zéro réponse à l'Algérie concernant le recours technique face au Cameroun ! » Le tweet en question aurait passé inaperçu si le chargé de communication de la FAF, visiblement en colère, n'avait pas ajouté : « Aucune considération ! »

Recours déposé par l'Algérie : la FAF définitivement discréditée ?

C'est pour le moins un coup de gueule de ce cadre du football algérien contre l'instance internationale du football. Et c'est à se demander s'il a agi de son propre gré ou s'est-il exprimé au nom de l'organisation dont il est le porte-parole. Car si c'est la colère de la FAF qu'il vient d'exprimer, il est clair que celle-ci ne lâche toujours pas l'affaire.

La FAF a, pour rappel, introduit, au début du mois d'avril de l'année en cours, un dossier de recours auprès de la FIFA dont la demande principale était de rejouer le match. Le recours avait d'ailleurs fait renaître l'espoir chez les supporters algériens qui ne désespéraient pas de voir la FIFA donner gain de cause à l'Algérie. Mais rien d'officiel n'avait vraiment filtré depuis.

Pis encore, l'instance internationale de football, quelque 2 mois plus tard, changera la FAF en l'accusant de se transformer en société commerciale[4]La Fédération algérienne de football sévèrement sanctionnée par la FIFA. « La FIFA a reçu un document officiel émanant de la FAF où il est mentionné que l'ancien président Charaf-Eddine Amara a changé le statut de la FAF d'une association à caractère sportif en une société commerciale spécialisée dans l'achat et la vente d'équipements sportifs », avait révélé Hocine Djennad, journaliste et manager de football. « Cela constitue une infraction aux règlements de la FIFA régissant les statuts des Fédérations nationales », a-t-il ajouté, en précisant que le document en question mentionne que la FAF dispose d'une société avec un gestionnaire inscrit au Centre national du registre du commerce (CNRC). C'est à se demander, dès lors, si la FAF n'est pas définitivement discréditée auprès de la FIFA.