Décidément, le patrimoine est devenu une source intarissable de conflits entre l’Algérie et le Maroc. Après le zellige, le raï et bien d’autres patrimoines, c’est au tour d’une chanson de feu Rabah Driassa de se retrouver au centre d’une nouvelle polémique. En effet, après qu’un chanteur marocain se l’est appropriée, le fils du défunt a réagi.

Il s’agit de la fameuse chanson « Mabrouk Alina », qui a longtemps accompagné les victoires sportives des Algériens. Dans le cadre des merveilleux résultats que l’équipe marocaine accomplit durant la Coupe du monde 2022, un chanteur marocain, du nom de Rachid Berriah, l’a reprise dans le but d’encourager son équipe. Jusque-là, rien de bien grave. Sauf que l’animatrice de l’émission, diffusée par la chaîne 2M, a présenté la chanson comme étant l’œuvre de chanteur marocain. Et cela n’est pas passé inaperçu du côté algérien.

En effet, cela a vite fait réagir le fils du véritable auteur de « Mabrouk Alina » : Abdou Driassa. Celui-ci a vertement exprimé son indignation sur son compte Instagram. « Le chanteur marocain a menti aux gens et à lui-même en ignorant le long parcours de Rabah Driassa », a écrit Abdou Driassa, lui-même chanteur.

Possibilité d'engager des poursuites contre le chanteur marocain et la chaîne 2M

« Toutes les œuvres de Rabah Driassa sont protégées, car enregistrées au niveau de l’organisme mondial des droits d’auteur », a-t-il ajouté, tout en estimant qu’il s’agit, dans ce contexte précis, d’un « vol d’une chanson algérienne ». Le fils du chanteur algérien est allé jusqu’à parler de la possibilité d’engager « des poursuites contre le chanteur marocain et la chaîne 2M ».

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Abdou Driassa n’a pas omis d’exprimer son admiration pour l’exploit que l’équipe marocaine est en train de réaliser. Sa plainte, a-t-il tenu à préciser, se porte non pas sur le fait que la chanson « Mabrouk Alina » soit interprétée pour célébrer les résultats des Lions de l’Atlas, mais sur le fait qu’elle soit présentée comme celle du dénommé Rachid Berriah.

Patrimoine : Une « guerre » entre l'Algérie et le Maroc qui n'est pas près de s'estomper

Cette énième polémique vient, pour rappel, après bien d’autres qui n’avaient pas manqué de faire couler quantité d’encre. Et des polémiques qui ont fait le plus de bruits, l’on peut citer celle autour du genre musical raï, que l’UNESCO a fini par inscrire comme patrimoine algérien, ou encore celle qui a tourné autour du zellige. D’autres, de moindre importance, ont vu le jour, à l’instar de l’origine de la mythique boisson Hamoud Boualem qu’on a vendue au Canada en tant que boisson marocaine.

Cette « guerre d’appropriation » entre l’Algérie et le Maroc touche aussi les origines des célébrités. C’est ainsi, en guise d’exemple, on attribue à Riyad Mahrez une origine marocaine de par sa mère. Et il est clair que cette nouvelle tendance n’est pas près de s’estomper. L’on s’attend à l’avenir à ce que des patrimoines et des célébrités fassent objet d’« appropriations » tous azimuts.