Les pays producteurs de pétrole de l'OPEP+ ont récemment maintenu leurs quotas de production à la baisse, malgré l'imposition de nouvelles sanctions contre la Russie. Les représentants des 13 pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, conduits par Riyad et leurs dix alliés, emmenés par Moscou, ont convenu de garder le cap d'une réduction de 2 millions de barils par jour jusqu'à la fin de l'année 2023.

Un communiqué a confirmé le maintien de la stratégie choisie pour soutenir le prix actuel de l'action du pétrole. Ces dernières semaines, les cours des deux références mondiales ont chuté entre 80 et 85 $, loin des pics à plus de 130 $ atteints en mars 2022 après le début de la guerre en Ukraine. « Cela, de manière rétrospective, valide notre ligne de conduite », a déclaré l'OPEP+, provoquant ainsi l'ire de la Maison-Blanche. La prochaine rencontre est prévue pour le 4 juin 2023, mais le groupe s'est dit prêt à se réunir à tout moment d'ici là pour prendre des mesures supplémentaires au besoin.

La Russie contre l'UE

La Russie s’est fermement opposée au plafonnement du prix de son pétrole que l'Union européenne, le G7 et l'Australie ont prévu d'instituer pour la priver des moyens de financer sa guerre en Ukraine.
Le cours du baril de brut de l'Oural évolue actuellement autour de 65 $, un peu plus que le plafond de 60 $ voulu par l’Occident. Toutefois, le Kremlin a prévenu qu'il ne livrera plus de pétrole aux pays qui adopteront ce mécanisme et ce fut confirmé par le vice-premier ministre russe responsable de l'Énergie, Alexandre Novak. Il a même ajouté que la Russie travaillait sur des mesures pour interdire l'utilisation de l'outil de plafonnement, quel que soit le niveau fixé. « Une telle ingérence ne peut que provoquer une plus grande déstabilisation du marché et une pénurie de ressources énergétiques », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, l’UE a imposé un embargo à Moscou sur son pétrole acheminé par voie maritime.
La production pétrolière de la Russie va diminuer de 1,4 million de barils par jour dès 2023, prévoit l'AIE, malgré le plafonnement du prix de son pétrole par le G7.

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Réouverture de la Chine et incertitude sur le marché pétrolier

L’un des éléments qui ont motivé la décision de l’OPEP+, selon l'expert d'UBS, est l’allègement observé des restrictions sanitaires en Chine, ce qui a atténué les inquiétudes du marché. Selon l'AIE (Agence internationale de l'énergie), la Chine aurait enregistré une baisse de sa demande de 400'000 barils par jour en 2022 contre 15,4 millions avant une augmentation de près d'un million de barils par jour en 2023.

Dans ce contexte morose, ajouté aux craintes d'une récession mondiale, le ralentissement de l'économie est évident, car le plus grand importateur mondial de brut est sous la loupe des investisseurs et a un impact direct sur les prix. Avec cette situation et la crainte d'une récession mondiale, les prix du pétrole Brent de la mer du Nord et de son équivalent américain, le WTI, ont chuté. Alors que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP+) a récemment opté pour la prudence, l'alliance pourrait dans les prochains mois adopter une position plus agressive. C'est en réponse à l'Occident par rapport au plafonnement des prix du baril. Dans tous les cas, l'application de la stratégie OPEP+ associée aux sanctions contre Moscou peut faire grimper les prix.

Conclusion

En conclusion, l'équilibre actuel instable des marchés pétroliers a conduit l'OPEP à opter pour une approche de statu quo. Cela signifie qu'ils maintiendront les niveaux de production actuels et n'apporteront aucun changement drastique pour tenter de stabiliser les prix. Cette stratégie comporte le risque que les prix continuent de fluctuer, mais elle permet à l'OPEP de maintenir un certain niveau de contrôle sur le marché sans risquer une offre excédentaire ou une pénurie drastique. En fin de compte, la stabilité du marché pétrolier est un problème complexe et permanent qui continuera probablement d'être influencé par divers facteurs, notamment les conditions économiques mondiales et les tensions géopolitiques.