L'Algérie retient 286 millions de dollars de fonds des compagnies aériennes

L'industrie du transport aérien en Afrique et au Moyen-Orient est confrontée au problème de la rétention des fonds des compagnies aériennes par certains gouvernements. Parmi ces pays, l'Algérie qui bloque 286 millions de dollars en 2024. Ce montant vaut à l'Algérie la première place en Afrique et le troisième rang mondial derrière le Pakistan et le Bangladesh en tant que mauvais payeurs.

Lors de la 80e assemblée générale annuelle de l'Association du transport aérien international (IATA) à Dubaï, Kamil Alawadhi, vice-président régional pour l'Afrique et le Moyen-Orient, a révélé que l’Algérie est le pays africain qui bloque le plus de fonds appartenant aux compagnies aériennes. Le Nigeria, où les fonds bloqués ont été réduits de 850 millions de dollars en 2023 à presque zéro en 2024, est sorti de la liste des mauvais payeurs.

À l'échelle mondiale, les fonds bloqués atteignent 1,6 milliard de dollars, répartis principalement entre huit pays. Le Pakistan, avec 411 millions de dollars, et le Bangladesh, avec 320 millions de dollars, occupent les deux premières places. Suivent ensuite l'Algérie avec 286 millions d’euros, la Zone XAF (États d'Afrique centrale) avec 151 millions de dollars, Éthiopie 149 millions de dollars, Liban 129 millions de dollars, Érythrée 75 millions de dollars et le Zimbabwe 69 millions de dollars.

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Diminution de 28 % des fonds bloqués

Par ailleurs, le responsable régional de l'IATA a signalé une diminution de 28 % des fonds bloqués au cours de l'année écoulée, passant de 1,8 milliard de dollars en décembre 2023 à environ 1,1 milliard de dollars fin avril 2024 pour l'Afrique et le Moyen-Orient. Cette réduction de 708 millions de dollars est une avancée, mais la situation reste préoccupante. En Afrique, les fonds bloqués s'élèvent à environ 900 millions de dollars, dont une part attribuée à l'Algérie.

Il est important de souligner que ces fonds bloqués correspondent aux recettes générées par les compagnies aériennes sur un territoire donné, mais qu'elles ne peuvent rapatrier en raison de restrictions imposées par les gouvernements. Cette situation affecte gravement les compagnies, privées de ressources essentielles pour assurer leurs opérations, investir dans la modernisation de leurs flottes et maintenir leur compétitivité.

Hausse vertigineuse des fonds bloqués par l'Algérie

L'Algérie, avec ses 286 millions de dollars de fonds bloqués, est un acteur de cette problématique. Cette situation est d'autant plus préoccupante que le montant des fonds retenus en Algérie a augmenté ces dernières années, passant de 140 millions de dollars en 2022 à 196 millions en 2023, pour atteindre 286 millions de dollars en 2024. Soit une augmentation de 90 millions de dollars en une année.

Les répercussions de cette situation sont multiples. Les compagnies aériennes, confrontées à des difficultés financières, risquent de réduire leurs services, augmenter leurs tarifs et différer leurs investissements. Ces mesures impactent directement la connectivité aérienne du pays, et limitent l'accès au transport aérien pour les populations.

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Willie Walsh, le directeur général de l'Association du transport aérien international (IATA) a exhorté les gouvernements concernés, dont l'Algérie, à prendre des mesures concrètes pour débloquer les fonds des compagnies aériennes. L'IATA souligne que le rapatriement des fonds est essentiel pour la survie des compagnies et la préservation de la connectivité aérienne mondiale.


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