Pour pallier le manque de médecins, la France recrute de nombreux praticiens étrangers, dont une forte proportion d’Algériens. Toutefois, leur intégration se heurte à des démarches administratives complexes et des contrats temporaires qui limitent leur stabilité professionnelle.
En effet, chaque année, des centaines de médecins algériens arrivent en France, attirés par la perspective d’une meilleure carrière. Mais une fois sur place, ils font face à des difficultés administratives, des salaires bas et des contrats précaires. Déçus par ces conditions, beaucoup finissent par chercher des opportunités ailleurs, notamment en Allemagne et en Suisse. C'est pourquoi, la France fait actuellement face à une pénurie de médecins, particulièrement dans les hôpitaux publics.
Pour y remédier, elle recrute de nombreux praticiens étrangers, dont une part importante d’Algériens. Pourtant, leur intégration dans le système de santé français est semée d’embûches. La reconnaissance des diplômes obtenus hors de l’Union européenne passe par des procédures complexes, exigeant souvent plusieurs années avant d’obtenir un statut stable. Pendant cette période, ces médecins exercent sous contrat précaire, avec des perspectives d’évolution limitées.
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En plus des contraintes administratives, les rémunérations sont généralement insuffisantes. Certains praticiens étrangers commencent leur carrière en France avec des salaires proches du Smic, malgré leur expertise et leur charge de travail. À l’inverse, d’autres pays européens proposent des rémunérations plus attractives et un accès plus rapide à un emploi stable.
Salaire décent, stabilité administrative, spécialisation facilitée… Des praticiens à diplôme hors Union européenne, pourtant essentiels à l’hôpital public, racontent pourquoi ils ont décidé de partir exercer en Suisse ou en Allemagne. #PADHUEhttps://t.co/t9f7RlpjCD
— Antoine Pelissolo (@Pelissolo_94000) January 31, 2025
Départs des médecins vers l’Allemagne et la Suisse : un constat inquiétant
Face à ces difficultés, de nombreux médecins algériens choisissent de quitter la France pour exercer ailleurs. L’Allemagne et la Suisse sont particulièrement prisées, en raison d’un meilleur salaire et de conditions de travail plus avantageuses.
Houssem Sabouni, un cardiologue formé en Algérie et installé en Allemagne depuis 2019, souligne la différence de traitement entre les deux pays. Selon lui, plusieurs de ses confrères auraient préféré partir directement en Allemagne, mais ne disposaient pas des 13 000 € requis pour ouvrir un compte bancaire bloqué, une exigence pour obtenir un visa de travail.
Un autre médecin algérien, Oussama Ziouchi, anesthésiste-réanimateur, a également fait le choix de l’Allemagne en 2023. Francophone et francophile, il explique avoir dû surmonter la barrière linguistique pour bénéficier de meilleures opportunités professionnelles. Son premier salaire en Allemagne était de 3 200 €, tandis que certains Padhue (praticiens diplômés hors UE) en France ne gagnent que le Smic.
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Ce phénomène ne touche pas uniquement les Algériens. Un psychiatre d’origine rwandaise, exerçant en France, a témoigné qu’il ne gagnait que 2 000 € par mois, malgré plusieurs années d’expérience. Confronté à des complications administratives, il a fini par perdre son poste, faute de régularisation.
