Gaz : des prix jamais vus depuis deux ans en Europe

Les prix du gaz connaissent une hausse significative sur les marchés mondiaux, portée par un contexte de tensions géopolitiques et de réduction des réserves européennes. En Europe, les prix ont atteint un niveau inédit depuis deux ans, sous l’effet combiné de la diminution des stocks et des incertitudes liées à la guerre en Ukraine.

Lundi matin, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne, a enregistré une augmentation de 6,7 %, atteignant 47 euros le mégawattheure (MWh). Cette hausse s’explique notamment par la confrontation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, qui a ravivé les doutes quant à un éventuel cessez-le-feu en Ukraine. Une paix pourrait rouvrir l’accès au gaz russe, mais l’escalade des tensions complique cette perspective.

Une baisse inquiétante des réserves européennes

L’Europe fait face à une situation délicate avec des réserves souterraines de gaz tombées sous les 50 %, un niveau critique pour la période hivernale. Selon Gas Infrastructure Europe (GIE), plus de 53,2 milliards de mètres cubes ont déjà été consommés, soit plus de la moitié des stocks prévus pour l’hiver.

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Les périodes de froid prolongé observées cet hiver ont accentué cette consommation, rendant les perspectives de réapprovisionnement plus complexes. Actuellement, les réserves européennes affichent un déficit de 8,18 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette situation pourrait maintenir les prix du gaz à un niveau élevé dans les mois à venir.

Un marché bouleversé par la fin du gaz russe via l’Ukraine

Depuis le 1er janvier 2025, le gaz russe ne transite plus vers l’Europe via l’Ukraine, contraignant les pays européens à diversifier leurs sources d’approvisionnement. Le gaz naturel liquéfié (GNL) est devenu une alternative essentielle, mais son coût reste élevé en raison de la forte demande mondiale.

Aux États-Unis, les prix du gaz ont grimpé de 160 % par rapport à l’an dernier, sous l’effet de conditions climatiques rigoureuses qui ont réduit les excédents accumulés au cours des deux hivers précédents. Cette situation impacte directement l’Europe, qui dépend de plus en plus des importations américaines et qataries pour compenser la perte du gaz russe.

Des prix qui resteront élevés jusqu’à l’automne

Avec la nécessité de reconstituer les réserves avant l’hiver prochain, les experts prévoient une pression continue sur les prix du gaz. La demande devrait rester soutenue tout au long de l’été, maintenant une volatilité importante sur les marchés.

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L’évolution des prix dépendra des facteurs géopolitiques, notamment des décisions des États-Unis concernant leur soutien à l’Ukraine et des négociations potentielles avec la Russie. En parallèle, les conditions météorologiques et la capacité de l’Europe à diversifier son approvisionnement en gaz joueront un rôle clé dans la stabilisation du marché.


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