Plus de 30 migrants bloqués depuis des jours sur une plateforme gazière au large de la Tunisie

Après plusieurs jours d’attente dans des conditions extrêmes, 32 migrants réfugiés sur une plateforme gazière au large de la Tunisie ont finalement été secourus par l’ONG Sea-Watch le 4 mars 2025. Ce sauvetage met fin à un calvaire marqué par l’inaction des autorités européennes et tunisiennes, laissant ces exilés livrés à eux-mêmes en pleine mer.

C’est dans un message posté sur les réseaux sociaux que l’organisation Alarm Phone a annoncé la nouvelle : le navire humanitaire Aurora de Sea-Watch a pris en charge ces migrants, bloqués depuis quatre jours sur la plateforme pétrolière de Miskar, située à 120 km des côtes tunisiennes. Les naufragés, affaiblis par l’attente, ont reçu des soins à bord du bateau, annonce le site Info Migrants.

Un sauvetage tardif après des jours d’attente

Si la plupart sont en bonne santé relative, un décès est malheureusement à déplorer. D’après les témoignages recueillis, un homme aurait chuté dans l’eau alors qu’il tentait de monter sur la plateforme. Il n’a pas survécu.

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Le Sea-Watch Aurora navigue désormais dans la zone en attente d’une autorisation d’accostage dans un port sûr, une étape souvent compliquée pour les navires humanitaires.

Des appels à l’aide ignorés

Les 32 migrants avaient alerté Alarm Phone dès le 1er mars : leur embarcation, partie de Libye, était en panne et à la dérive. Confrontés à la menace d’un naufrage, ils avaient trouvé refuge sur la structure métallique de la plateforme gazière Miskar.

Malgré les signalements répétés des ONG, Malte et l’Italie sont restées silencieuses, tandis que la Tunisie invoquait des conditions météorologiques défavorables pour justifier l’absence d’intervention. Pourtant, selon plusieurs observateurs, la mer était praticable au moment des appels à l’aide.

Ce drame rappelle des événements similaires survenus dans la région. En mars 2024, une quarantaine de migrants avaient déjà été repérés sur Miskar, mais leur secours avait été retardé par un refus initial du personnel de la plateforme.

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Un abandon dénoncé par les ONG

Quelques semaines plus tôt, Médecins sans frontières (MSF) avait secouru 19 exilés sur une plateforme pétrolière abandonnée. Les garde-côtes tunisiens, pourtant présents à proximité, n’étaient pas intervenus.

Face à cette nouvelle tragédie, les ONG dénoncent l’inaction des États européens et de la Tunisie, qui continuent de refuser l’assistance aux exilés en détresse. "La Tunisie n’est pas un port sûr", rappellent les organisations, soulignant les violences et refoulements illégaux dont sont victimes les migrants dans le pays.

Le sauvetage tardif des naufragés de Miskar illustre une fois de plus les dangers mortels auxquels sont exposés les exilés en Méditerranée, souvent abandonnés à leur sort dans une zone où la solidarité peine à se faire entendre.


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