Ce pays Schengen va mettre fin au regroupement familial

L’Autriche, membre de l’espace Schengen, a annoncé son intention de mettre fin au regroupement familial. Cette mesure qui vise principalement les demandeurs d'asile et les bénéficiaires de la protection subsidiaire, a été dévoilée dans le cadre du programme gouvernemental adopté par la coalition au pouvoir, composée des conservateurs de l'ÖVP, des sociaux-démocrates du SPÖ et des libéraux de NEOS.

Le chancelier autrichien Christian Stocker a justifié la décision de supprimer le regroupement familial par une nécessité de contrôle des flux migratoires, évoquant notamment la surcharge du système éducatif et des services publics, rapporte mercredi 5 mars Le Courrier International. Cette position est soutenue par Beate Meinl-Reisinger, dirigeante du parti libéral NEOS, qui estime que la capacité d'accueil du pays est dépassée.

Le ministre de l'Intérieur, Gerhard Karner, a précisé que le gouvernement autrichien compte invoquer l'article 72 du traité de Maastricht, qui permet aux États membres de l'Union européenne de prendre des mesures exceptionnelles en matière de sécurité intérieure et d'ordre public.

Immigration Visa France : Capago Algérie modifie la procédure de paiement

Dans un courriel envoyé aux autorités autrichiennes, il a détaillé la stratégie envisagée pour restreindre l'accès au regroupement familial. Cette orientation a également été présentée à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, afin de garantir sa mise en œuvre dans le cadre des réglementations européennes.

Selon les chiffres officiels, 7 760 personnes ont été inscrites au regroupement familial en Autriche en 2024. En janvier 2025, seulement 200 nouveaux entrants ont été enregistrés via ce dispositif. Malgré cette diminution, le gouvernement estime qu'une restriction supplémentaire est nécessaire pour limiter l'immigration.

Une décision qui pourrait inspirer d'autres pays européens

Cette annonce a suscité des réactions au sein des associations de défense des droits des migrants. Lukas Gahleitner-Gertz, porte-parole de l'ONG Asylkoordination, conteste l'argument selon lequel l'Autriche serait débordée par l'immigration. Il souligne que la tendance à la baisse des regroupements familiaux montre que la situation ne justifie pas une mesure aussi radicale.

Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de renforcement des politiques migratoires au sein de l'Union européenne. Plusieurs pays, notamment en Europe centrale et du Nord, envisagent des mesures similaires pour restreindre l'accueil des familles de réfugiés.

Immigration L’ambassade d’Algérie en France recrute 48 enseignants : voici les conditions pour postuler

Si l'Autriche parvient à faire appliquer cette réforme sans opposition juridique majeure, d'autres États membres pourraient suivre cette voie et remettre en question le droit au regroupement familial pour certaines catégories de migrants. L'impact de cette mesure sera observé de près, tant par les institutions européennes que par les organisations de défense des droits humains.


Vous aimez cet article ? Partagez !