L'Algérie, la Tunisie et la Libye s'apprêtent à franchir une étape décisive dans leur coopération énergétique. Les trois pays prévoient de signer une mémorandum d’entente afin de lancer les études préliminaires d’un méga-projet électrique visant à relier leurs réseaux nationaux.
Ce projet pourrait non seulement renforcer l’approvisionnement en électricité dans la région, mais aussi ouvrir de nouvelles perspectives d’exportation pour l’Algérie. L’annonce a été faite par Habib Mohamed El Akhdar, directeur des études du groupe Sonelgaz, lors d’une intervention sur les ondes de la radio algérienne. Selon lui, les discussions entre les trois parties avancent rapidement, et la signature officielle de l’accord est imminente.
Un corridor électrique pour une meilleure distribution de l’énergie
Le méga-projet électrique en discussion vise à créer un corridor énergétique entre les trois pays, permettant une meilleure stabilité du réseau et une optimisation des ressources. L’Algérie, qui dispose d’une capacité de production excédentaire, pourrait ainsi exporter son électricité vers la Tunisie et la Libye, répondant ainsi aux besoins croissants de ces pays voisins.
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L’objectif est aussi de renforcer la résilience énergétique de la région en créant un réseau plus interconnecté et sécurisé. Cette approche s’inscrit dans une vision à long terme, visant à harmoniser les infrastructures électriques et à faciliter le développement économique par un accès fiable à l’énergie.
Une ambition africaine pour Sonelgaz
Au-delà du projet maghrébin, Sonelgaz adopte une stratégie d’expansion vers l’Afrique. L’entreprise publique algérienne multiplie les initiatives avec les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, notamment dans les domaines de l'ingénierie énergétique et de la construction de réseaux électriques.
Parmi les projets en cours, l’Algérie finance une centrale électrique au Niger, actuellement en phase de construction. Cette infrastructure, offerte sous forme de don, devrait être opérationnelle avant l’été 2026, répondant ainsi aux besoins énergétiques urgents de Niamey.
Une connexion électrique sous-marine avec l’Europe
Parallèlement à son ambition régionale, l’Algérie explore aussi la possibilité de relier son réseau électrique à l’Europe. Un accord tripartite a été signé en juillet 2024 entre Sonelgaz, Sonatrach et le groupe italien ENI, portant sur une étude de faisabilité pour la mise en place d’un câble sous-marin reliant le nord-est de l’Algérie à l’Italie.
Ce projet stratégique pourrait positionner l’Algérie comme un acteur majeur du marché européen de l’électricité. L’étude en cours vise à évaluer la rentabilité économique, la faisabilité technique et les impacts environnementaux de cette future infrastructure.
Vers une intégration énergétique renforcée
Avec ces initiatives, l’Algérie confirme sa volonté de jouer un rôle clé dans l’interconnexion énergétique régionale et continentale. Le méga-projet électrique entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye pourrait être le premier pas vers une coopération énergétique élargie, intégrant à terme d’autres partenaires africains et européens.
Les prochaines étapes consisteront à finaliser les études techniques et à définir les modalités financières et logistiques du projet avant de lancer les travaux. Si le projet aboutit, il pourrait transformer le paysage énergétique de l’Afrique du Nord en assurant une distribution plus stable et plus efficace de l’électricité à travers la région.
