Une entreprise espagnole, Duro Felguera, a proposé un règlement de 100 millions d’euros pour mettre fin à un différend qui l’oppose à Sonelgaz. Ce contentieux porte sur un projet de centrale électrique à Djelfa, stoppé depuis plusieurs années. Cette offre, bien inférieure aux 413 millions d’euros réclamés par la partie algérienne, soulève des interrogations sur l’issue de cette négociation.
En 2014, Sonelgaz avait confié à Duro Felguera la construction d’une centrale électrique à cycle combiné d’une capacité de 1200 mégawatts dans la wilaya de Djelfa. Cet investissement stratégique visait à renforcer l’approvisionnement en électricité du pays.
Mais en 2021, le chantier a été suspendu, entraînant un litige contractuel entre les deux parties. En juin 2024, l’entreprise espagnole a décidé unilatéralement de mettre fin aux travaux en raison de difficultés financières, ce qui a aggravé sa situation et déclenché une demande de compensation de la part de Sonelgaz.
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Une offre bien en dessous des exigences algériennes
Face à cette situation, Duro Felguera tente aujourd’hui de solder le différend avec une offre de 100 millions d’euros, un montant qui avait déjà été provisionné dans ses comptes pour 2024. Cette proposition a été formulée lors de réunions à Alger début mars, en présence du président de l’entreprise et du directeur général de son département énergie.
Pour Sonelgaz, cette somme reste bien inférieure aux 413 millions d’euros exigés en compensation du préjudice subi. Le groupe algérien devra trancher entre accepter cette proposition pour clore rapidement le contentieux ou maintenir sa position initiale, quitte à prolonger le conflit juridique.
Une entreprise en difficulté cherchant à éviter la faillite
Cette négociation intervient alors que Duro Felguera fait face à une situation financière critique. Depuis décembre 2024, la société est sous protection contre la faillite, une mesure qui lui laisse un répit pour restructurer sa dette et éviter la cessation d’activité.
Selon les rapports financiers, l’entreprise a enregistré des pertes de 52,4 millions d’euros sur le premier semestre 2024, conséquence directe de l’arrêt de plusieurs projets, dont celui de Djelfa. Une issue favorable avec Sonelgaz pourrait lui permettre de sécuriser sa trésorerie et d’éviter un effondrement total.
Quelle décision de Sonelgaz ?
La décision de Sonelgaz sera déterminante. En acceptant l’offre, l’entreprise algérienne récupérera une partie de ses pertes, mais devra renoncer à une compensation bien plus importante. En revanche, en refusant, elle risque de prolonger un litige aux incertitudes juridiques et financières.
Cette affaire illustre les défis des partenariats énergétiques internationaux et pose la question de la fiabilité des engagements pris par les entreprises étrangères dans des projets stratégiques. L’issue des négociations entre Sonelgaz et Duro Felguera déterminera si ce litige sera rapidement clos ou s’il se transformera en affaire judiciaire de longue haleine.
