Le gaz algérien à son plus haut niveau depuis deux ans

La production de gaz algérien a enregistré un net rebond en janvier 2025, atteignant son niveau mensuel le plus élevé depuis mars 2023. Cette reprise intervient dans un contexte de redéploiement des capacités nationales et de relance ciblée des infrastructures gazières.

Après une année 2024 marquée par un recul de la production, l’Algérie confirme, en ce début d’année, sa volonté de repositionner le gaz naturel au cœur de sa stratégie énergétique.

Un regain de production après une année de contraction

Selon les données publiées par la Joint Organizations Data Initiative (JODI) et l’Energy Research Unit basée à Washington, l’Algérie a produit 9,75 milliards de mètres cubes de gaz naturel en janvier 2025. Ce chiffre marque une progression notable par rapport aux 9,21 milliards enregistrés en janvier 2024, soit une augmentation de 539 millions de mètres cubes sur un an.

Économie GPL : Sonatrach augmente ses prix de vente jusqu’à 40 % en novembre

En comparaison mensuelle, la production a également progressé, dépassant de 276 millions de mètres cubes la moyenne de décembre dernier, estimée à 9,47 milliards. Ce volume de production est le plus élevé depuis mars 2023, où un record de 13,17 milliards de mètres cubes avait été atteint.

Les investissements de Sonatrach portent leurs fruits

Cette performance s’inscrit dans un effort soutenu de Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures, qui a engagé plusieurs initiatives techniques pour stabiliser puis augmenter la production de gaz algérien. Un projet majeur est en cours à Ghard Al-Nas, où une nouvelle station de compression est en construction. L’objectif est de renforcer la pression des puits et de maintenir la cadence d’extraction, avec une capacité de 40 millions de mètres cubes par jour.

Les champs de Ghard Al-Nas, situés dans cette région stratégique, constituent l’un des pôles clés du système énergétique algérien. Avec 17 gisements actifs et des unités de traitement intégrées, ils se positionnent comme le deuxième bassin gazier du pays, derrière le site de Hassi R’Mel.

Les exportations contrastées entre Gazoduc et GNL

Sur le plan des échanges, le gaz algérien a connu une évolution à deux vitesses. Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) ont reculé pour le deuxième mois consécutif, tombant à 509 millions de mètres cubes en janvier, contre 1,4 milliard un an plus tôt. Cette baisse est principalement liée à des travaux de maintenance dans les installations d’Arzew et de Skikda, deux pôles industriels cruciaux pour la liquéfaction.

Économie Gaz algérien : ces pays européens réclament davantage de livraisons

En revanche, les exportations par gazoduc ont progressé de manière significative, atteignant 3,07 milliards de mètres cubes, contre 2,47 milliards en janvier 2024. Ce redressement compense partiellement la contraction du GNL et illustre l’importance stratégique des liaisons directes vers l’Europe.

Reprise partielle en février et redistribution des flux

Les premières données de février confirment une reprise mensuelle du GNL, avec 925 millions de mètres cubes exportés, contre 509 millions en janvier. En revanche, en comparaison annuelle, le volume reste en baisse par rapport aux 1,33 milliard de mètres cubes de février 2024.

Sur le plan géographique, la Turquie s’est imposée comme le premier client du gaz algérien sous forme liquéfiée, absorbant plus de 50 % des volumes du mois dernier (soit 0,35 million de tonnes). La France a reçu 0,30 million de tonnes, tandis que l’Italie a importé 0,03 million de tonnes.

Le redémarrage de la production nationale intervient dans un contexte régional où le gaz algérien demeure un levier économique et diplomatique de premier plan. L’Algérie s’appuie sur ses réserves prouvées, sa proximité géographique avec l’Europe et ses capacités logistiques pour sécuriser sa place sur les marchés internationaux.

Économie Attractivité des investissements en Afrique : quelle place occupe l’Algérie dans le classement 2026 ?

Alors que la demande mondiale reste marquée par une grande volatilité, le pays semble vouloir consolider ses positions en misant sur une production plus stable, appuyée par des infrastructures modernisées et une politique industrielle plus proactive.


Vous aimez cet article ? Partagez !