Accès au Master en France : Les étrangers discriminés (Enquête)

L’accès au master en France reste un parcours semé d’embûches pour de nombreux étudiants étrangers. Une étude menée par l’Observatoire national des discriminations et de l’égalité dans le supérieur (Ondes) met en évidence une réalité alarmante : des discriminations fondées sur l'origine des candidats influencent leur accès aux formations de niveau master.

Cette situation a des répercussions non seulement sur la diversité des étudiants dans les universités, mais aussi sur les opportunités professionnelles à venir pour ces derniers, comme le suggère l'étude de l'Observatoire en question.

Discriminations lors des demandes d’informations pour le master

L’étude de l’Ondes repose sur une expérience simple : cinq candidates fictives ont envoyé les mêmes demandes d’informations concernant des masters, mais avec des patronymes différents. Seul le nom de famille était modifié, et ce changement a suffi à créer une différence significative dans les réponses obtenues. Les résultats sont frappants : les candidates avec des patronymes à consonance étrangère, notamment maghrébine ou subsaharienne, ont reçu moins de réponses que celles portant des noms à consonance française. Ce phénomène de discrimination est observé principalement pour les étudiantes originaires d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest.

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Les inégalités constatées dans cette étude soulignent que des critères non liés aux compétences académiques ou à l’expérience professionnelle influencent encore le processus de recrutement en master. La simple origine d'un candidat peut donc devenir un frein, bien avant l'évaluation de ses qualifications ou de ses motivations.

Les conséquences de ces discriminations sur les parcours académiques

Les répercussions de cette discrimination ne se limitent pas à un simple déséquilibre dans les réponses aux candidatures. Elles affectent profondément les parcours des étudiants étrangers. Ceux qui subissent ce traitement discriminatoire se retrouvent dans l’obligation de fournir des efforts supplémentaires pour accéder à des formations équivalentes à celles des étudiants français.

De plus, les formations auxquelles ils parviennent sont souvent moins reconnues sur le marché du travail, réduisant ainsi leurs perspectives professionnelles. Ce système crée une forme de double peine pour ces étudiants, qui doivent surmonter à la fois les obstacles institutionnels et sociaux pour réussir.

La nécessité d'une réforme du recrutement en master

Les résultats de cette étude soulignent l’urgence d’un changement dans les pratiques de recrutement pour les formations de master en France. Si des systèmes d’anonymisation des candidatures existent déjà pour certaines filières, notamment via Parcoursup pour les admissions en licence, ils ne sont pas appliqués aux masters. L’anonymisation pourrait être une réponse efficace pour garantir que les candidats soient jugés sur la base de leurs compétences et non de leur origine.

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Les recommandations formulées par l’Ondes et d’autres acteurs du système éducatif encouragent l'adoption de pratiques plus transparentes et équitables. En outre, des initiatives visant à sensibiliser les responsables des admissions à ces problématiques de discrimination pourraient également jouer un rôle dans l'amélioration de la situation.


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