Le cours de l’euro a franchi un nouveau seuil sur le marché parallèle algérien, atteignant ce dimanche 13 avril son plus haut niveau depuis le début de l’année 2025. La monnaie unique européenne s’échange désormais à 257 dinars algériens, dans un contexte marqué par une forte demande, une offre limitée et des réformes monétaires toujours en attente.
Après plusieurs semaines de stabilité autour des 250 dinars, l’euro a connu une hausse rapide en quelques jours : de 254 DZD jeudi, à 255 DZD samedi, pour culminer à 257 DZD dimanche, selon les cambistes du square Port-Saïd à Alger. Il s'agit du plus haut niveau atteint depuis le 19 décembre 2024, période durant laquelle l’euro avait brièvement a touché 260 dinars, avant de reculer.
Cette progression marque une reprise de la courbe haussière après un long cycle de repli, consécutif au pic enregistré à la fin de l'année 2024. Ce niveau record atteint par l’euro en ce mois d’avril souligne une réalité monétaire marquée par l’inaccessibilité des devises, le retard des réformes et la persistance d’un marché parallèle robuste. À court terme, sauf annonce concrète de la Banque d’Algérie, cette tendance haussière pourrait se poursuivre.
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Le dollar reste stable
Sur le terrain, 100 euros s’échangent entre 25 500 et 25 700 dinars, selon les taux pratiqués à l’achat et à la vente dans les circuits informels. Ces valeurs contrastent nettement avec le taux officiel de la Banque d’Algérie, qui reste à 146,91 DZD pour un euro, soit 14 691 dinars pour 100 euros. L’écart dépasse ainsi les 11 000 dinars, illustrant le décalage profond entre les deux systèmes de change.
De son coté, le dollar américain reste stable à 238 dinars sur le marché noir, loin de son taux officiel de 133,38 DZD. La livre sterling, elle, atteint 301 dinars au parallèle contre 172,21 DZD dans le réseau bancaire. Le dollar canadien se négocie jusqu’à 162 DZD, et le franc suisse grimpe à 274,5 DZD, bien au-dessus des cotations officielles. Ces écarts confirment une tension généralisée sur toutes les devises recherchées par les particuliers.
Une réforme attendue mais encore floue
L’envolée de l’euro intervient à la veille de la date théorique d’entrée en vigueur de la nouvelle allocation touristique de 750 euros, prévue pour le 15 avril. Annoncée par le ministère des Finances, cette mesure attend toujours la publication de ses modalités pratiques par la Banque d’Algérie. En l’absence de cadre clair, les ménages se reportent massivement vers le marché parallèle, accentuant la pression sur la devise européenne.
Malgré la création récente de quelques guichets officiels dans les aéroports, le marché parallèle reste la principale source d’accès aux devises pour les voyageurs, étudiants et familles. Le plafond de change annuel officiel, toujours limité à 15 000 dinars, reste très inférieur aux besoins réels. En l’absence de réforme structurelle, cette situation favorise un système à double vitesse, où l’euro continue de jouer un rôle central.
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