Alors que l’économie algérienne amorce une transition historique, la Banque mondiale publie un rapport détaillé sur les avancées, les défis persistants et les perspectives de diversification économique du pays. En rupture progressive avec sa dépendance aux hydrocarbures, l’Algérie s'engage dans une transformation ambitieuse, appuyée par des réformes institutionnelles et des partenariats.
Historiquement tributaire des recettes pétrolières et gazières, l’Algérie tirait encore récemment plus de 90 % de ses revenus d’exportation de ces ressources. Cette vulnérabilité face aux fluctuations du marché mondial a conduit les autorités à impulser une série de réformes structurelles, avec le soutien technique et financier de la Banque mondiale.
Le rapport publié le 18 avril 2025 par l’institution internationale met en lumière un changement progressif mais réel de la structure économique algérienne, marqué notamment par la montée en puissance des exportations non pétrolières.
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Résultats concrets sur les exportations
Entre 2017 et 2023, les exportations hors hydrocarbures ont été multipliées par trois, atteignant 5,1 milliards de dollars. Si cela ne représente encore qu’une faible part du PIB (environ 2 %), la tendance est significative. L’acier, les engrais, le ciment et les produits agricoles gagnent du terrain à l’international, symbolisant les premiers effets d’une politique de diversification orientée vers l’exportation.
L’un des leviers majeurs de cette transformation est le système communautaire portuaire algérien (APCS), lancé en 2021. Cette plateforme numérique, développée en collaboration avec la Banque mondiale, permet de connecter en temps réel les douanes, les compagnies maritimes et les opérateurs économiques. Résultat : des délais de dédouanement réduits et une fluidification des échanges commerciaux.
Autre point fort du rapport : l’impact de la loi sur l’investissement adoptée en 2022, qui simplifie l’environnement administratif et accorde plusieurs incitations fiscales et douanières. L’Agence algérienne de promotion de l’investissement, récemment créée, agit comme guichet unique et dispose d’une plateforme numérique pour faciliter l’accès aux terres, aux informations et aux incitations.
Montée en gamme dans l’agriculture et l’industrie
L’appui de la Banque mondiale s’est également étendu à des secteurs clés comme l’agriculture et l’industrie légère, à travers des campagnes de valorisation, l’étude des chaînes de valeur et des actions ciblées sur des niches comme le cuir, le liège ou les composants de précision.
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L’organisme national d’accréditation, renforcé avec l’aide du groupe, a permis de doubler le nombre de laboratoires certifiés entre 2021 et 2024, garantissant la conformité des produits aux standards internationaux.
Malgré ces avancées, le rapport insiste sur les limites de productivité, les lourdeurs administratives et les risques liés à la transition énergétique mondiale. La dépendance à des exportations carbonées comme le ciment ou les engrais expose le pays aux politiques européennes de tarification carbone.
Une note encourageante pour l’Algérie
La Banque mondiale recommande ainsi de verdir les processus industriels, de diversifier les marchés d’exportation et d'investir dans des secteurs émergents tels que les énergies renouvelables ou les services numériques.
Le document conclut sur une note encourageante : l’Algérie dispose des fondations nécessaires pour s’intégrer davantage aux chaînes de valeur mondiales. En renforçant ses institutions, en numérisant ses procédures et en poursuivant les réformes, elle peut consolider une trajectoire de croissance durable. La Banque mondiale, partenaire actif du pays, continuera d’accompagner cette dynamique de transformation.
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