La question de l'accès aux démarches administratives pour les migrants en France fait aujourd'hui face à de nouvelles dérives. Alors que la demande de titres de séjour ou de naturalisation connaît une pression constante, des sociétés privées ont fait de l'accompagnement administratif des migrants un business lucratif, transformant des démarches gratuites en services payants. Si certaines offrent une réelle assistance, d'autres n'hésitent pas à abuser de la vulnérabilité des étrangers en situation de régularisation.
Selon une enquête publiée ce lundi 28 avril 2025 par RMC, ces sociétés facturent des sommes élevées pour obtenir des rendez-vous en préfecture ou pour constituer des dossiers administratifs, des démarches qui sont pourtant gratuites à l'origine. Ces services consistent principalement à obtenir un rendez-vous pour un titre de séjour, devenu difficile d'accès en raison du faible nombre de créneaux disponibles.
Pour garantir cet accès, ces sociétés réclament jusqu'à 800 euros par rendez-vous, une somme largement disproportionnée pour une procédure qui, en principe, ne coûte rien. Les associations d'aide aux migrants dénoncent vigoureusement ces pratiques. Elles les qualifient d’arnaques et de détournement du service public.
🔴 De plus en plus d'entreprises profitent des migrants en monnayant des démarches administratives gratuites, comme la prise de rendez-vous à la préfecture ou la constitution de dossiers de naturalisation. L'État dit être vigilant face à ces abus#ApollineMatin pic.twitter.com/4NqxIrBzzF
— Apolline Matin (@ApollineMatin) April 28, 2025
Plusieurs témoignages collectés illustrent les abus : certains migrants ont payé des sommes importantes sans obtenir les résultats promis. Une victime raconte avoir déboursé plus de 1.700 euros pour la constitution d’un dossier de naturalisation. Mais la société a mal traduit les papiers. Résultat : dossier refusé par la préfecture, la victime n’a jamais revu ses 1.700 euros.
Un phénomène qui s'étend dans les grandes villes françaises
Si les services en ligne de ce type existaient déjà depuis plusieurs années, RMC indique que le phénomène prend désormais une nouvelle dimension avec l'apparition de sociétés physiques implantées dans des grandes villes comme Paris, Marseille ou Lyon. Ces enseignes affichent leur activité ouvertement, bien que leur rôle dans l'accompagnement administratif soit ambigu.
Pour les militants associatifs, cette situation est révélatrice d'une défaillance du service public dans l'accueil et le traitement des demandes des migrants. Ils estiment que le manque de rendez-vous disponibles alimente ce marché parallèle en exploitant la détresse administrative des étrangers, souvent confrontés à des situations d'urgence pour renouveler leur séjour ou régulariser leur statut.
Face à ces dérives, le ministère de l'Intérieur a réagi en affirmant, selon RMC, être attentif à ces pratiques. Toutefois, il souligne que les services offerts par ces entreprises s'inscrivent dans le cadre du service à la personne, une activité qui, en l’état actuel, n'est pas illégale. Les autorités encouragent néanmoins toute personne victime d'arnaque à signaler les faits auprès de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
