Le gouvernement du Québec envisage de durcir les conditions financières imposées aux étudiants étrangers souhaitant étudier dans la province. Cette décision fait suite à des cas de fraude et d’exploitation révélés récemment, poussant les autorités à renforcer les contrôles pour éviter les abus.
Selon Radio-Canada, le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean-François Roberge, a confirmé jeudi 1er mai que son gouvernement étudie la possibilité d’augmenter les montants exigés pour l’admission des étudiants étrangers dans la province canadienne. Cette réflexion intervient après les révélations concernant des cégépiens africains victimes d’agences de recrutement malhonnêtes.
Lors de l’étude des crédits budgétaires à l’Assemblée nationale, le député libéral André Morin a interpellé le ministre sur les mécanismes en place pour garantir que les étudiants disposent de fonds suffisants. "On parle de réseaux criminels qui exploitent des jeunes en leur faisant miroiter une éducation gratuite, alors qu’ils se retrouvent en difficulté à leur arrivée", a-t-il souligné. Le ministre Roberge a reconnu le problème et indiqué qu’une révision des seuils financiers était à l’étude, en collaboration avec le gouvernement fédéral.
Québec : une explosion des demandes d’asile liées aux permis d’études
Le ministre a également alerté sur l’augmentation des demandes d’asile déposées par des détenteurs de permis d’études. En 2024, 5 965 personnes dans cette situation ont entamé une procédure d’asile, contre 2 840 en 2023. "Certains arrivent sous de faux prétextes, uniquement pour tenter d’obtenir un statut de réfugié", a-t-il déploré.
Cette tendance préoccupe les autorités, d’autant que des enquêtes ont révélé des falsifications de preuves bancaires par des agences peu scrupuleuses. Certaines universités et cégeps ont été ciblés par ces réseaux, qui profitent du désir d’immigration de nombreux étudiants africains.
Malgré ces dérives, Jean-François Roberge a réaffirmé la volonté du Québec d’accueillir des étudiants étrangers, dont certains pourront devenir résidents permanents. "Nous continuerons d’en vouloir et d’en accueillir, mais nous devons reprendre le contrôle", a-t-il déclaré.
Vers un durcissement progressif des règles pour les étudiants étrangers
La Fédération des cégeps, par la voix de sa présidente Marie Montpetit, a rappelé que les gouvernements doivent s’assurer de la solvabilité des étudiants avant leur arrivée. Une meilleure information et des garanties financières ajustées au coût de la vie pourraient limiter les abus.
Immigration Titre de séjour : ce pays Schengen impose une nouvelle procédure
Le ministre n’a pas encore annoncé de montant précis pour les nouvelles exigences, mais celles-ci devraient tenir compte de l’inflation et des réalités économiques du Québec. L’objectif est de dissuader les fraudes tout en permettant aux étudiants légitimes de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.
Une clarification des procédures et un renforcement des vérifications des dossiers sont également envisagés. Les établissements d’enseignement, de leur côté, pourraient être appelés à jouer un rôle plus actif dans la détection des fausses déclarations.
