Gazoduc transsaharien : le Niger s'est-il vraiment retiré du projet ?

Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) reliant le Nigeria à l'Europe via le Niger et l'Algérie traverserait une période de turbulences à en croire des informations selon lesquelles le Niger se serait retiré de cette ambitieuse initiative. Cependant, cette information, bien qu’évoquée par plusieurs médias, notamment marocains, soulève de nombreuses questions quant à sa véracité et aux raisons qui l’entourent.

Le gazoduc transsaharien devait permettre de transporter 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, reliant les énormes réserves gazières du Nigeria à l’Algérie, puis à l’Europe. Avec un coût estimé à plus de 18 milliards de dollars, ce projet représente une alternative stratégique pour diversifier les approvisionnements énergétiques de l’Europe, en particulier dans un contexte où la crise ukrainienne a accentué la dépendance du vieux continent vis-à-vis du gaz russe.

Le Niger, qui joue le rôle de pays de transit, est une pièce maîtresse dans ce projet qui vise à renforcer les infrastructures énergétiques et commerciales du continent africain. L’implication des trois pays, le Nigeria, l’Algérie et le Niger, a été consolidée par plusieurs accords ces dernières années, et les études de faisabilité étaient en cours. C’est dans ce contexte que le site Attaqa, basé à Washington DC, a fait circuler cette information selon laquelle le Niger aurait suspendu sa participation au projet, et ce, en raison de tensions diplomatiques croissantes avec l’Algérie.

Économie Gazoduc transsaharien : nouveau coup au projet marocain concurrent

Gazoduc TSGP : pourquoi cette information émerge-t-elle maintenant ?

Les médias marocains, en particulier, ont été parmi les premiers à relayer l’information, soulignant que le Niger aurait suspendu les études finales nécessaires au lancement du projet. Cette annonce survient quelques mois après des tensions diplomatiques entre le Niger et l'Algérie, marquées par des incidents frontaliers et des expulsions de migrants subsahariens, mais aussi après des divergences de vues sur certains dossiers politiques. Cependant, ces informations n’ont pas été confirmées par les autorités nigériennes.

Il est intriguant de constater que le gouvernement du Niger n’a pas émis de déclaration officielle concernant ce retrait. Ni la présidence nigérienne, ni le ministère des Affaires étrangères n’ont réagi publiquement à ces allégations. Ce silence officiel soulève la question : pourquoi le Niger, un acteur clé du projet, n’a-t-il pas clarifié sa position ? Les Nigériens font-ils l'objet de pressions pour qu'ils se retirent du projet pour favoriser le gazoduc Maroc-Nigeria passent par 13 pays de l'Atlantique et 5500 km ?

Pourquoi les médias marocains sont-ils les seuls à en parler ?

Il est également important de se demander pourquoi seulement les médias marocains ont mis en avant cette information. Le Maroc, bien que non impliqué dans ce projet, a toujours cherché à promouvoir son propre projet de gazoduc, reliant le Nigeria à l’Europe via son territoire. Ce contexte géopolitique et énergétique pourrait expliquer pourquoi ces médias se font l'écho d'une information aussi cruciale pour la région, d'autant plus que cette information est tombée alors que le projet marocain de gazoduc a subi un sérieux revers qui consiste en le report de la décision pour début 2026 de la décision finale d'investissement.


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