L’Algérie renforce sa stratégie nationale de lutte contre l’argent sale en appliquant les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI). Inscrite depuis mai 2023 sur la liste grise des juridictions sous surveillance renforcée, elle multiplie les réformes pour assainir son système financier, renforcer la transparence économique et se conformer aux standards internationaux.
Lors du dernier Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a exigé l’application stricte des recommandations du GAFI. L’objectif est clair : sortir de la liste grise, qui regroupe les États dont les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) présentent encore des lacunes significatives.
Depuis octobre 2024, le gouvernement a engagé un processus de mise à niveau de son arsenal réglementaire. Treize procédures du GAFI restent encore à satisfaire. Elles concernent notamment le renforcement de l’approche fondée sur les risques, l’amélioration des capacités d’enquête, et l’application de sanctions dissuasives dans les secteurs les plus vulnérables.
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Révision du cadre légal et opérationnel
Plusieurs lois de finances récentes ont intégré des mesures spécifiques visant à accroître la transparence des flux financiers et à consolider les indicateurs macroéconomiques. Ces ajustements sont conçus pour améliorer la détection des activités suspectes et renforcer la capacité d’action des institutions de supervision.
Parmi les secteurs visés figurent les banques, les sociétés financières, les professions juridiques, ainsi que les agents immobiliers et les commerçants de biens de valeur. Ces acteurs devront désormais appliquer des procédures de contrôle renforcées, basées sur une évaluation actualisée des risques. Le gouvernement prévoit également la publication de guides pratiques et la mise en place de dispositifs de reporting plus rigoureux.
Évaluation mutuelle et coopération internationale
Le rapport d’évaluation mutuelle adopté par le GAFI en mai 2023 avait mis en lumière plusieurs faiblesses : manque de coordination interinstitutionnelle, failles dans la supervision des secteurs non financiers, et capacité réduite à engager des poursuites judiciaires efficaces. Depuis, des efforts ont été déployés pour combler ces insuffisances, notamment via une meilleure coopération entre le ministère des Finances, la Banque d’Algérie, les organes judiciaires et les cellules de renseignement financier.
Le GAFI, lors de sa réunion plénière de février 2025 à Paris, a reconnu ces avancées tout en maintenant l’Algérie sous observation. L’organisation souligne que les progrès doivent se poursuivre, en particulier sur les aspects opérationnels : inspections sur le terrain, traitement des déclarations de soupçon, sanctions applicables et mesure de leur efficacité.
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Enjeu économique et crédibilité institutionnelle
Au-delà du volet réglementaire, la lutte contre l’argent sale constitue un enjeu majeur pour la stabilité financière du pays. La présence sur la liste grise nuit à l’image de l’Algérie auprès des investisseurs, limite les partenariats bancaires internationaux et alourdit les procédures de financement à l’étranger.
Pour y remédier, les autorités misent sur un plan d’action global. Celui-ci comprend la consolidation des organes de contrôle, le renforcement des moyens humains et techniques des cellules de conformité, et l’instauration de procédures de remontée d’informations automatisées.
L’Algérie cherche ainsi à montrer qu’elle dispose désormais d’un dispositif cohérent, capable de détecter, prévenir et sanctionner efficacement les opérations liées à l’argent sale. Le chemin vers une conformité intégrale est encore en cours, mais les signaux envoyés depuis Alger témoignent d’une volonté politique assumée de respecter les engagements internationaux.
