Taux de change de l'euro face au dinar ce jeudi au Square d’Alger

Le marché parallèle des devises en Algérie poursuit sa progression, avec un écart de plus en plus marqué entre les taux officiels et ceux pratiqués dans la rue. Au Square d’Alger, haut lieu du change informel situé près de la place Port-Saïd, les valeurs du dollar et de l’euro enregistrent de nouveaux sommets, témoignant d’un déséquilibre monétaire persistant.

Jeudi 29 mai 2025, l’euro s’échangeait à 260 dinars à l’achat et 262 dinars à la vente au Square d’Alger. Cette progression s’inscrit dans une dynamique haussière constante depuis plusieurs jours. Le marché informel, en l’absence de canaux officiels de change accessibles, est devenu la référence de fait pour les taux de conversion en devises étrangères.

L’euro, en tant que devise principale utilisée par les Algériens pour les échanges non officiels, notamment à des fins de voyage, d’importation parallèle ou d’épargne, est particulièrement sensible à la pression exercée par la demande.

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Le dollar reste solidement positionné

Le dollar américain n’est pas en reste. Ce même jour, la devise américaine s’échangeait à 232 dinars à l’achat et 235 dinars à la vente. Ce niveau reflète à la fois la stabilité du dollar sur le plan international et la demande interne persistante pour une devise perçue comme une valeur refuge.

Le dollar reste privilégié dans de nombreux secteurs informels, en particulier pour les transactions commerciales impliquant des importations depuis l’Asie ou le Moyen-Orient.

Un écart entre taux officiel et taux parallèle

À titre de comparaison, les cotations officielles publiées par la Banque d’Algérie restent très inférieures aux taux pratiqués sur le marché informel. Au 29 mai 2025, le taux de change officiel pour l’euro avoisinait les 149 dinars, contre plus de 260 dans le circuit parallèle. Un écart de plus de 60 %, qui illustre les limites du système de régulation actuel.

Cette différence massive est entretenue par l’absence de bureaux de change fonctionnels et l’impossibilité pour les citoyens et les entreprises d’accéder librement aux devises via les circuits bancaires.

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Un marché informel structuré et réactif

Le Square d’Alger fonctionne selon ses propres règles : les prix y évoluent en fonction de la demande, des annonces politiques, des conditions géopolitiques régionales, voire des rumeurs économiques. Les cambistes, bien organisés, fixent quotidiennement les taux en tenant compte de l’offre disponible et des volumes d’échange.

Malgré son caractère illégal, ce marché parallèle est devenu un indicateur économique à part entière. Il permet de mesurer la valeur réelle du dinar algérien, en dehors des contraintes administratives et monétaires.

Une régulation toujours absente

Malgré des annonces répétées sur l’ouverture prochaine de bureaux de change agréés, aucune mesure concrète n’a encore été mise en œuvre. Ce vide réglementaire favorise la croissance du marché parallèle et entretient les distorsions monétaires. L’absence de transparence sur la politique de change à moyen terme contribue à maintenir la défiance, tant chez les particuliers que chez les opérateurs économiques.

Le Square d’Alger n’est pas seulement un lieu d’échange : il s’est imposé comme le thermomètre réel de la situation financière du pays. Tant que le taux de change officiel restera déconnecté des réalités du marché, ce lieu continuera de jouer un rôle central dans l’économie algérienne.

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