La Grèce, membre de l’espace Schengen, adopte une législation plus stricte pour lutter contre l’immigration irrégulière. Le gouvernement grec supprime la possibilité pour les migrants en situation irrégulière de demander un titre de séjour après sept ans de présence sur le territoire. Cette décision intervient pour limiter les abus et renforcer le contrôle aux frontières dans un contexte migratoire tendu.
Jusqu’à présent, les migrants en situation irrégulière pouvaient, sous certaines conditions, solliciter une régularisation après avoir séjourné illégalement en Grèce pendant sept ans. Cette disposition sera abrogée, empêchant toute légalisation automatique liée à la durée de séjour. Le ministre grec de la Migration, Makis Voridis, a souligné que cette mesure vise à dissuader les entrées clandestines et à clarifier les règles d’immigration.
Renforcement des sanctions pénales
Selon lui, la politique précédente créait un effet d’incitation où « plus on restait longtemps illégalement, plus la probabilité d’obtenir un titre de séjour augmentait ». La nouvelle réglementation veut mettre fin à cette dynamique en supprimant toute possibilité de régularisation fondée sur la durée du séjour.
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Le projet de loi prévoit des peines pouvant atteindre cinq ans de prison pour les personnes entrant ou séjournant illégalement sur le sol grec. Ce durcissement des sanctions doit renforcer la dissuasion et affirmer la détermination des autorités à contrôler rigoureusement les frontières. Malgré près de 74'000 arrestations en 2024, seulement 2500 expulsions ont été réalisées, en grande partie en raison des difficultés à vérifier l’identité des migrants. Ces derniers fournissent souvent de fausses informations, ce qui ralentit considérablement les procédures d’éloignement.
Fluctuations des flux migratoires et nouvelles routes
Bien que les arrivées de migrants aient reculé de 30 % début 2025 par rapport à 2024, de nouvelles routes migratoires ont émergé. Des flux transitent désormais via la Libye en direction des îles grecques de Crète et Gavdos, compliquant la surveillance et la gestion des frontières. Ce phénomène accentue les défis sécuritaires pour la Grèce, pays frontalier clé de l’espace Schengen.
La Grèce s’inscrit dans la dynamique européenne visant à renforcer la gestion des migrations. La Commission européenne a récemment proposé d’autoriser les États membres à accélérer le renvoi des demandeurs d’asile déboutés vers des pays tiers sûrs. Cette proposition répond à la nécessité d’harmoniser les règles au sein de l’espace Schengen et d’améliorer la coopération pour la gestion des flux migratoires.
Selon le site spécialisé Schengen News, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a insisté sur l’importance d’une politique plus ferme sur les retours afin de garantir la sécurité des frontières et d’éviter l’engorgement des centres d’accueil.
Une réponse aux enjeux sécuritaires de l’espace Schengen
Cette réforme législative reflète la volonté grecque de renforcer la maîtrise de ses frontières, tout en respectant les obligations liées à l’appartenance à l’espace Schengen. La Grèce assume son rôle de première ligne face aux flux migratoires en provenance notamment d’Afrique et du Moyen-Orient.
La loi, qui doit être examinée prochainement au Parlement grec, illustre une approche plus technique et opérationnelle dans la gestion des migrations, privilégiant la dissuasion et l’efficacité des contrôles. Ce durcissement pourrait servir de modèle pour d’autres États membres confrontés à des pressions similaires. Au-delà de la gestion migratoire, ces mesures visent aussi à renforcer la sécurité intérieure dans un cadre juridique rigoureux, en s’appuyant sur des procédures accélérées et des sanctions renforcées pour les infractions liées à l’immigration illégale.
