Dinar algérien : faut-il supprimer la petite monnaie ?

Le dinar algérien fait face à une problématique concernant la petite monnaie, notamment les pièces de moins de 5 dinars. Bien qu'elles représentent une part importante des pièces émises par la banque d'Algérie, leur utilisation dans les transactions commerciales est de plus en plus marginale.

Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a récemment abordé cette question en reponse à la question d'un député, indiquant que ces pièces étaient de moins en moins utilisées dans le quotidien économique du pays. Mais alors, faut-il supprimer la petite monnaie pour résoudre ce problème ?

Très faible circulation des petites pièces du dinar algérien

Les pièces de moins de 5 dinars (notamment celles de 0,5, 1 et 2 dinars) sont largement en surplus en Algérie. Selon les dernières données de la Banque d'Algérie, plus de 1,3 milliard de pièces de cette tranche ont été émises, représentant 44 % du total des pièces métalliques en circulation.

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Cependant, une grande partie de ces pièces reste inutilisée. Leur circulation dans le commerce est pratiquement inexistante, notamment parce qu’elles ne correspondent plus aux prix actuels des biens et services. Les commerçants, mais aussi les consommateurs, les évitent, préférant des moyens de paiement plus pratiques et adaptés aux exigences du marché.

L’un des arguments les plus souvent cités pour justifier la demande de suppression de ces pièces est leur coût de production. En effet, produire des pièces métalliques de faible valeur coûte parfois plus cher que leur valeur nominale. Le coût de fabrication, d’émission, de distribution et de gestion de ces pièces dépasse largement l’utilité qu’elles représentent sur le terrain. Cela entraîne une perte nette pour l’économie nationale, d’autant plus que la production de monnaie physique est une dépense publique qui pourrait être évitée.

Réticence générale à utiliser la petite monnaie

Au-delà du coût de production, l’un des principaux problèmes réside dans la faible utilisation de ces pièces dans les transactions commerciales. En 2021, seulement 1,06 % des paiements en espèces incluaient des pièces de moins de 5 dinars, a indiqué le ministre.

La grande majorité des commerçants et des consommateurs refuse de les accepter, car elles sont jugées encombrantes et peu pratiques. Le manque d’adaptation de ces pièces aux prix actuels des produits et services contribue à cette réticence. En conséquence, les petites pièces s’accumulent dans les coffres des banques, sans être réellement mises en circulation.

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Les alternatives possibles

Une solution envisagée par les autorités pourrait être de réduire la production de petites pièces tout en développant davantage les alternatives électroniques. Le recours aux paiements numériques, tels que les cartes bancaires et les solutions de paiement mobile, pourrait réduire la dépendance à la monnaie physique.

De plus, une telle transition vers des systèmes de paiement plus modernes permettrait de simplifier les transactions et de réduire les coûts associés à la fabrication de la petite monnaie. Toutefois, une telle évolution nécessiterait un accompagnement massif de la population, notamment au niveau de l’infrastructure et de la culture numérique.

L'Algérie se trouve donc face à un dilemme complexe. D'un côté, les petites pièces représentent une surcharge inutile pour le système monétaire, coûtant plus qu'elles ne rapportent. De l'autre, leur suppression pourrait perturber les habitudes des consommateurs et des commerçants, qui continuent, dans certaines situations, de les utiliser, même si cette utilisation est réduite.


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