Le cadrage prévisionnel de la loi de finances 2026, en cours d’élaboration par le ministère algérien des Finances, s’appuie sur les orientations du Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) 2025–2027. L’approche retenue articule stabilisation macroéconomique, ajustement structurel des comptes publics et maintien de l’investissement productif.
Le projet intègre des hypothèses de prix des hydrocarbures révisées à la baisse, une croissance nominale du PIB soutenue par les secteurs non extractifs, et un déficit public structurellement élevé. En effet, les prévisions reposent sur un prix de référence fiscal du baril de pétrole brut à 60 USD, avec une estimation du prix de marché à 70 USD. Cette hypothèse intègre une marge de sécurité budgétaire dans un contexte de volatilité des cours mondiaux.
La croissance du PIB réel est projetée à 4,5 % pour 2026, portée par une expansion de la valeur ajoutée industrielle de 6,9 % et agricole de 5,1 %. Le PIB hors hydrocarbures enregistrerait une progression moyenne de 5 % entre 2025 et 2027. En valeur nominale, le PIB devrait atteindre 300,71 milliards USD en 2026.
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Dépenses et recettes projetées
Les dépenses totales sont estimées à 17'948,64 milliards DZD, soit une hausse de 6,9 % par rapport à l’exercice 2025. Les crédits budgétaires sont orientés vers les postes de soutien à la consommation (transferts sociaux, subventions) et d’investissement public. Les recettes globales prévues s’élèvent à 8882,79 milliards DZD, en progression de 3,1 %. L’essentiel de cette évolution repose sur une dynamique haussière des recettes fiscales, anticipées en croissance moyenne de 8,1 % sur la période triennale.
La loi de finances 2026 conserve une posture expansive sur le plan des engagements, sans réduction significative du volume des dépenses récurrentes, ce qui accentue la pression sur l’équilibre budgétaire.
Solde budgétaire et trajectoire du déficit
Le solde global de l’État resterait déficitaire. Le déficit budgétaire rapporté au PIB passerait de –19,8 % en 2024 à –21,8 % en 2025, puis –22,2 % en 2026. Un redressement partiel est anticipé à –20 % en 2027. Cette trajectoire reflète un écart persistant entre les flux de recettes courantes et le niveau de dépenses publiques consolidées, dans un contexte de contrainte sur les marges de financement internes et externes.
Les exportations de biens sont projetées à 52,25 milliards USD en 2026, contre 50,90 milliards en 2025. Les importations, quant à elles, s’établiraient à 48,68 milliards USD, en hausse par rapport aux 46,07 milliards de l’exercice précédent. L’excédent commercial resterait modéré, avec une balance dépendante des volumes et cours des exportations énergétiques. Le taux de couverture des importations par les exportations se maintiendrait au-dessus de 100 %, mais la vulnérabilité structurelle aux chocs exogènes demeure significative.
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Les scénarios de référence de la loi de finances prennent en compte un environnement international instable. Les tensions commerciales sino-américaines, la volatilité des marchés financiers et la baisse anticipée des cours pétroliers (66,94 USD/baril en 2025 contre 79,17 USD en 2024) constituent des facteurs de risque. Ces éléments contraignent la programmation budgétaire, en réduisant les recettes externes et en augmentant la sensibilité du budget à la conjoncture mondiale.
Orientation stratégique de la politique budgétaire
Le dispositif repose sur le plafonnement de la dépense publique, la rationalisation des subventions non ciblées, et l’élargissement de l’assiette fiscale. La priorité est donnée à la soutenabilité des finances publiques via un renforcement des recettes fiscales non pétrolières. Le pilotage budgétaire reste orienté vers une gestion en enveloppes fermées, avec des arbitrages sectoriels à opérer sous contrainte. L’avant-projet intègre également une logique de ciblage des investissements à rendement socio-économique élevé, notamment dans les infrastructures, l’agriculture irriguée, et l’industrie de transformation.
Il est à souligner que les paramètres présentés sont susceptibles de révision en fonction des données d’exécution de 2025 et de l’évolution des conditions extérieures. Le calibrage définitif de la loi de finances 2026 tiendra compte des disponibilités de trésorerie, de la dynamique de l’endettement public, et de l’éventuelle nécessité de mobilisation de ressources exceptionnelles.
