L’Italie va délivrer près de 500 000 visas de travail non-européens

Le gouvernement italien vient d'adopter un nouveau plan ambitieux pour faciliter l'immigration légale de travailleurs étrangers. Cette décision s'inscrit dans une stratégie visant à répondre aux besoins croissants du marché du travail tout en maintenant un contrôle strict sur les flux migratoires. Les secteurs agricoles et touristiques figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette mesure.

Lors du Conseil des ministres du lundi 30 juin 2025, l'exécutif de Giorgia Meloni a approuvé un décret autorisant l'entrée de 497 550 travailleurs non-européens entre 2026 et 2028, rapporte Le Figaro. Ce plan prévoit notamment près de 165 000 arrivées dès l'année prochaine, réparties entre travail saisonnier (principalement dans l'agriculture et le tourisme) et travail permanent.

Cette annonce marque une nette accélération de la politique migratoire italienne. Entre 2023 et 2025, le gouvernement avait déjà accordé 450 000 permis, portant le total à près d'un million de visas délivrés sur six ans. Ces chiffres contrastent fortement avec les 70 000 entrées autorisées en 2021 et 75 700 en 2022.

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Une réponse aux défis démographiques

Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, la Première ministre Giorgia Meloni, leader du parti Fratelli d'Italia, a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une priorité absolue. Paradoxalement, son gouvernement multiplie les voies d'immigration légale pour pallier la grave pénurie de main-d'œuvre qui affecte le pays.

L'Italie, confrontée à un vieillissement accéléré de sa population et à une chute drastique de sa natalité, voit dans ces mesures une solution pour soutenir son économie. Le syndicat agricole Coldiretti a d'ailleurs salué cette décision comme "un important pas en avant pour garantir la disponibilité des travailleurs dans les champs et la production alimentaire".

Critiques et limites du système

Toutefois, la mesure ne fait pas l'unanimité. Maria Grazia Gabrielli, une responsable du syndicat CGIL, a pointé du doigt l'écart important entre les quotas théoriques et leur utilisation réelle. Selon ses déclarations, seulement 7,5% à 7,8% des permis disponibles en 2023 et 2024 ont effectivement été attribués, à l'exception notable du secteur domestique.

La dirigeante syndicale a également critiqué la politique de sélection des pays d'origine, accusant le système de favoriser les États qui collaborent avec l'Italie dans la lutte contre l'immigration clandestine. Elle dénonce par ailleurs des failles juridiques qui, selon elle, profitent aux organisations criminelles exploitant les travailleurs en situation irrégulière.

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