France : un agriculteur condamné pour exploitation de travailleurs sans-papiers algériens

Un agriculteur français a été condamné pour avoir exploité des travailleurs sans-papiers, notamment des Algériens, dans des conditions indignes. Ce procès met en lumière les dérives du travail illégal dans le secteur agricole, où certains employeurs profitent de la vulnérabilité des migrants en situation irrégulière. 

Jean-Luc Pottier, un maraîcher de 64 ans installé à Saint-Paterne-Le Chevain dans la Sarthe, dans le Nord-ouest de la France, a comparu devant le tribunal correctionnel du Mans le 10 juin 2025. Il était accusé entre autres de travail dissimulé, d’exploitation de travailleurs sans-papiers et de traite d’êtres humains, selon des informations rapportées par Le Monde.

L’agriculteur, spécialisé dans la culture de tomates et d’herbes aromatiques, employait depuis plusieurs années des personnes en situation irrégulière, principalement originaires d’Algérie, mais aussi de Russie, de Mongolie et du Sénégal. Les travailleurs, invisibles aux yeux de l’administration, étaient soumis à des conditions de travail extrêmement difficiles. Certains effectuaient jusqu’à 15 heures de travail par jour, six ou sept jours par semaine, pendant les périodes de récolte.

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Des salaires bien en dessous des normes légales

Les employés sans-papiers étaient payés entre 6,50 et 8 euros de l’heure, en espèces, un montant inférieur au salaire minimum légal. Certains ont travaillé pour Jean-Luc Pottier pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, sans bénéficier de contrat ni de protection sociale. La fraude aux cotisations sociales s’élèverait à 520'000 euros, selon les autorités.

Ce n’était pas la première fois que l’agriculteur était confronté à la justice pour de tels agissements. Il avait déjà été condamné par le passé pour travail dissimulé, sans pour autant changer ses pratiques.

La défense de l’agriculteur : un recours par "nécessité"

Lors de son procès, Jean-Luc Pottier a justifié son recours à des travailleurs sans-papiers par l’impossibilité de trouver de la main-d’œuvre légale. "Qui c’est qui va ramasser mes tomates ? J’ai pas le choix", a-t-il déclaré, expliquant que les emplois agricoles peinent à attirer des travailleurs enregistrés. Il a également affirmé avoir tenté de régulariser sa situation en contactant France Travail, sans succès.

L’agriculteur a nié toute intention d’exploiter ses employés, soulignant qu’ils venaient souvent à lui par bouche-à-oreille. Il a insisté sur le fait qu’il ne cherchait pas à leur nuire, mais qu’il était contraint par les difficultés de recrutement dans le secteur.

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Une condamnation sévère pour envoyer un message

Le procureur a requis deux ans de prison ferme contre Jean-Luc Pottier, une demande qui reflète la gravité des faits. Cela s’inscrit dans un contexte de lutte accrue contre le travail illégal dans l’agriculture, un secteur où ces pratiques restent malheureusement répandues.

Cette affaire souligne également la précarité des travailleurs migrants, souvent contraints d’accepter des emplois précaires et mal rémunérés en raison de leur statut de sans-papiers. Malgré les efforts des autorités pour endiguer le phénomène, certains employeurs continuent de profiter de cette vulnérabilité.

Cette affaire de Jean-Luc Pottier n’est pas un cas isolé. Elle illustre un problème plus large dans le monde agricole, où le recours à une main-d’œuvre de sans-papiers non déclarés persiste, malgré les risques juridiques. Les défenseurs des droits des travailleurs appellent à une meilleure régulation du secteur pour éviter de tels abus.


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