Le projet Elmed, qui relie la Tunisie au sud de l’Italie par un câble électrique sous-marin, ouvre une voie supplémentaire pour l’acheminement de l’électricité algérienne vers le marché européen. Ce corridor énergétique, bien que reliant directement deux pays, peut permettre à l’Algérie de tirer parti de ses interconnexions régionales pour renforcer sa stratégie d’exportation.
Le projet Elmed repose sur un câble sous-marin d’une capacité de 600 mégawatts. Il connecte la ville de Kélibia, en Tunisie, à la région de Partanna, en Sicile. Cette infrastructure, financée à hauteur de 850 millions d’euros, entre dans sa phase finale de réalisation. La Commission européenne y contribue à hauteur de 300 millions d’euros, la Banque mondiale apporte 260 millions de dollars, et plusieurs institutions bancaires internationales telles que la BEI, la KfW et la BERD participent au financement.
Selon les promoteurs du projet, l’objectif est de renforcer l’interconnexion des réseaux électriques euro-africains, tout en augmentant la résilience énergétique de la Tunisie et de l’Italie. Le câble devrait être opérationnel d’ici 2026.
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L’Algérie, fournisseur indirect vers l’Europe
L’Algérie, bien qu’extérieure au projet Elmed, est directement concernée par ses retombées techniques et commerciales. Le réseau électrique algérien est interconnecté au réseau tunisien via plusieurs lignes haute tension. Cette continuité physique permet théoriquement le transit de l’électricité algérienne vers l’Europe par le territoire tunisien, en utilisant la capacité disponible du câble Elmed.
Cette configuration renforce la pertinence des investissements algériens dans la modernisation de son réseau de transport. Sonelgaz, l’opérateur national, a lancé plusieurs projets de renforcement de ses lignes transfrontalières vers la Tunisie, afin de fiabiliser les flux et de maximiser les possibilités d’exportation.
#Tunisie : Un maillon stratégique dans l’exportation d’électricité vers l’Europe https://t.co/e3HmPmXVNt #Elmed
— webdo (@webdo_tn) July 3, 2025
Un deuxième axe en étude
En parallèle, un projet de câble sous-marin direct entre l’Algérie et l’Italie est à l’étude. Sa capacité serait de 2 000 mégawatts, soit plus de trois fois celle du câble Elmed. Cette liaison permettrait une transmission directe de l’électricité depuis la côte algérienne vers le sud de l’Italie, sans passer par des pays tiers. La faisabilité technique et économique de ce projet est actuellement en cours d’évaluation, notamment sur les segments offshore et les points de raccordement au réseau italien.
Ce projet, porté conjointement par Sonelgaz et des partenaires italiens, s’inscrit dans une logique de diversification des débouchés à l’export, tout en répondant à la demande croissante du marché européen en énergie décarbonée et disponible.
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Enorme capacité de l'Algérie
L’Algérie dispose actuellement d’une capacité installée d’environ 27 000 mégawatts, dont la grande majorité est issue du gaz naturel. Le pays prévoit de porter cette capacité à plus de 50 000 mégawatts d’ici 2035, en intégrant 15 gigawatts d’énergie solaire et 5 gigawatts d’éolien. Cette montée en puissance vise à répondre à la fois aux besoins domestiques et aux engagements d’exportation.
Le renforcement des infrastructures de transport et l’intégration aux réseaux voisins permettent à l’Algérie de s’inscrire dans un futur marché électrique euro-africain. Dans cette dynamique, la Tunisie représente un partenaire de transit structurant. Le projet de connexion à la Libye, envisagé via la région de Debdab, a été abandonné après une étude de faisabilité négative.
