Algérie : l’inflation à son plus bas niveau en deux ans

En juin 2025, l’Algérie a enregistré un taux d’inflation annuel de 3,6 %, marquant ainsi une diminution notable par rapport aux années précédentes, où l’inflation avait dépassé les 9 %. Cette tendance à la baisse laisse entrevoir une stabilisation des prix à la consommation, après des périodes de fortes hausses.

Cependant, certains secteurs, notamment l’alimentation, continuent de connaître des hausses de prix, mettant en lumière la vulnérabilité de l’économie nationale face aux fluctuations des prix agricoles.

Une légère hausse des prix alimentaires en juin 2025

En dépit de la baisse globale de l’inflation, le mois de juin 2025 a été marqué par une légère hausse de 0,3 % des prix à la consommation par rapport au mois précédent. Cette augmentation modérée est en grande partie due à la reprise des prix alimentaires, qui ont enregistré une hausse de 0,2 % dans la région d'Alger. Les produits agricoles frais, notamment le poulet (+12,4 %), les fruits (+23,2 %) et les légumes (+3,0 %), ont fortement contribué à cette augmentation. En revanche, certains produits, comme la viande de mouton (-4,5 %) et les poissons (-11,4 %), ont connu des baisses notables, ce qui a limité l’impact global sur l’indice des prix à la consommation.

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Ces hausses alimentaires surviennent après plusieurs mois de stabilité relative des prix, signalant un phénomène de correction, après une baisse de 2,9 % en mai 2025. L’augmentation des prix des produits alimentaires constitue un facteur préoccupant, surtout lorsque l’on considère l’importance de ces produits dans le panier de consommation des Algériens.

Un impact direct sur le pouvoir d’achat

Les hausses des prix alimentaires exercent une pression directe sur le pouvoir d’achat des ménages algériens. En effet, les produits alimentaires représentent une part importante du budget des familles, et les hausses de prix sur des produits de première nécessité, comme le poulet et les fruits, peuvent affecter de manière significative leur niveau de vie. Selon l’Office national des statistiques (ONS), ces variations sont particulièrement sensibles dans un contexte où le pouvoir d’achat reste déjà fragilisé.

Les écarts de prix entre les différents types de produits alimentaires accentuent cette vulnérabilité. Si certains ménages bénéficient des baisses de prix sur la viande et les produits de la mer, d’autres, dont le régime alimentaire est axé sur des produits dont les prix augmentent, comme le poulet ou les fruits, se retrouvent confrontés à une augmentation de leurs dépenses.

Une inflation maîtrisée mais toujours fragile

Malgré la réduction de l’inflation générale à 3,6 % en juin, un recul par rapport aux années précédentes, les économistes soulignent que l’économie algérienne reste exposée aux fluctuations des prix des produits alimentaires. La situation reste fragile, et les hausses de prix sur certains produits de base ne sont pas sans conséquence sur les ménages. Le FMI et la Banque mondiale ont salué les efforts de maîtrise de l’inflation dans leur dernier rapport, mettant en avant une gestion plus efficace des prix alimentaires et une meilleure stabilité du taux de change du dinar.

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Cependant, ces mêmes institutions précisent que les tensions inflationnistes peuvent resurgir, notamment en cas de nouvelles hausses des prix des produits alimentaires ou des perturbations dans la production locale. La gestion de ces fluctuations sera donc cruciale pour maintenir la stabilité économique du pays.

Soutenir l’agriculture locale

L’évolution des prix agricoles constitue un des éléments clés de la situation inflationniste en Algérie. Le pays reste fortement dépendant des importations alimentaires, mais des efforts sont nécessaires pour renforcer la production agricole locale et réduire la vulnérabilité de l’économie face aux variations des prix mondiaux. L’Algérie a déjà pris des mesures, comme la réouverture des importations de viande en 2023, afin de stabiliser certains prix. Cependant, la gestion de l’offre alimentaire interne reste essentielle pour éviter de nouvelles flambées de prix.

Les autorités algériennes devront continuer de surveiller l’évolution des prix et mettre en place des politiques pour renforcer la résilience de l’agriculture locale. Les investissements dans les infrastructures agricoles et la gestion des chaînes de distribution peuvent contribuer à stabiliser les prix et à améliorer la compétitivité du secteur.


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