Blanchiment d'argent en Algérie : quelles sont les entités visées ?

Le ministère algérien du Commerce intérieur et de la régulation du marché national a annoncé l’évaluation d’un ensemble d’entités considérées comme sensibles dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent. Cette action s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements de l’Algérie en matière de conformité aux normes internationales de prévention et de détection des flux financiers illicites.

Selon les informations publiées par L’Algérie Aujourd’hui, l’opération vise à dresser une cartographie des structures qui présentent des caractéristiques jugées vulnérables aux pratiques de blanchiment. L’évaluation concerne principalement les sociétés enregistrées sous différentes formes juridiques, notamment les sociétés à responsabilité limitée (SARL), les sociétés par actions (SPA) et les sociétés civiles.

Ces entités sont considérées comme nécessitant une attention particulière du fait de leur volume d’activité et de la diversité de leurs opérations commerciales. Le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a précisé que cette démarche reposait sur une analyse des risques, en lien avec les obligations internationales adoptées par l’Algérie.

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Cadre réglementaire et institutionnel

L’initiative du ministère du commerce intérieur et de la régulation du marché national intervient dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette stratégie, définie pour la période 2024-2026, a été approuvée par les autorités algériennes afin de renforcer le dispositif de surveillance et d’évaluation des risques financiers. Le Chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, a exprimé en mai 2025 la nécessité d’appliquer intégralement les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI). Ces recommandations constituent la référence internationale pour la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement illicite.

Le dispositif algérien inclut également des mesures fiscales et financières spécifiques. La loi de finances pour 2025 a introduit l’article 207, qui interdit le paiement en espèces de certaines transactions jugées sensibles. Cette disposition couvre les opérations liées aux acquisitions immobilières, aux véhicules, aux équipements industriels et aux moyens de transport de plaisance. L’objectif est de réduire l’usage des liquidités dans des secteurs identifiés comme à risque.

Le ministère du Commerce intérieur et de la régulation du marché national, dirigé par Tayeb Zitouni, a la responsabilité de superviser la mise en œuvre de ces évaluations. Cette institution est chargée de suivre les sociétés commerciales, d’identifier les pratiques susceptibles de favoriser le blanchiment et de transmettre les informations nécessaires aux autorités compétentes.

Mise en œuvre et acteurs concernés

L’évaluation en cours prend la forme d’un recensement et d’une classification des sociétés selon leur niveau de vulnérabilité. Les informations recueillies permettront de constituer une base de données destinée à soutenir les actions de contrôle et de suivi. Le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations n’a pas communiqué de chiffres précis sur le nombre d’entités concernées, mais il a confirmé que les formes sociétaires les plus répandues, telles que la SARL et la SPA, figurent au centre de l’examen dans la lutte contre le blanchiment d'argent.

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Cette démarche s’articule avec les travaux de plusieurs institutions nationales impliquées dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Les résultats de l’évaluation sont destinés à être partagés avec les organismes chargés de la régulation financière, ainsi qu’avec les instances de contrôle fiscal. L’objectif est de coordonner les efforts de l’ensemble des structures publiques en charge de la surveillance des flux financiers.


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