Le marché noir résiste : l’euro reste à des sommets malgré la fin des vacances

L’euro maintient ses niveaux les plus élevés sur le marché parallèle en Algérie, malgré la fin de la période estivale et l’entrée en vigueur d’une allocation touristique. Depuis le 20 juillet, les autorités ont instauré une allocation annuelle de 750 euros pour les adultes et de 300 euros pour les enfants, distribuée une seule fois par an. Cette mesure n’a pas eu d’impact notable sur l’évolution des taux dans les circuits informels.

Selon les chiffres relevés par les cambistes, l’euro s’échange entre 260 et 262 dinars à la vente et entre 257 et 259 dinars à l’achat. Ces niveaux se maintiennent depuis plusieurs semaines, sans signes de baisse significative. Le marché parallèle demeure dominé par des opérateurs qui ajustent l’offre afin de contenir toute variation des prix.

Le dollar américain et la livre sterling suivent également cette tendance de fermeté. Le billet vert se situe à 224 dinars tandis que la livre sterling atteint 298 dinars, confirmant la stabilité des principales devises étrangères sur ce segment informel du marché.

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Demande étudiante et importations

À l’approche de la rentrée universitaire, la demande en devises augmente. Les étudiants algériens qui poursuivent leurs études à l’étranger sollicitent principalement l’euro pour couvrir leurs frais. Cette demande soutenue réduit la disponibilité des devises et contribue à maintenir les prix élevés.

Les cambistes interrogés confirment que l’offre reste limitée. Les saisies effectuées par les services de sécurité accentuent la rareté, renforçant les tensions sur les devises. Les annonces récentes d’importations, notamment dans le domaine du transport et des pièces détachées comme les pneus, exercent également une pression supplémentaire.

Plusieurs intervenants sur le marché parallèle indiquent que la combinaison de ces facteurs rend improbable toute détente des taux dans l’immédiat. Ils soulignent que seule une augmentation significative de l’offre pourrait inverser la tendance, sans quoi les niveaux actuels risquent de se prolonger.

Taux officiels et marché parallèle

La Banque d’Algérie fixe actuellement le taux de change officiel à 151,42 dinars pour un euro. L’écart avec le marché parallèle dépasse ainsi 100 dinars, traduisant une forte disparité entre les deux circuits. Cette différence incite de nombreux particuliers et opérateurs économiques à recourir au marché parallèle pour accéder aux devises nécessaires à leurs transactions.

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Le différentiel persistant met en évidence la difficulté pour les mécanismes officiels à réguler efficacement la circulation de l’euro et des autres monnaies étrangères. Les opérateurs économiques qui dépendent des importations, en particulier dans les secteurs où la production locale reste insuffisante, alimentent la demande continue de devises sur le marché informel.

La flambée est inévitable

Des cambistes cités par le Quotidien d’Oran estiment qu’une flambée des devises sur le marché parallèle reste « inévitable » si aucune mesure d’ampleur n’est adoptée. Ils considèrent que la mise en place de circuits officiels plus accessibles pourrait contribuer à limiter la pression. Dans le cas contraire, les tensions risquent de s’accentuer avec l’évolution des besoins en devises pour les études, les importations et les voyages.

La situation actuelle illustre la dépendance persistante du marché algérien aux devises étrangères. Tant que l’offre locale en biens et services importés reste limitée, la demande d’euro, de dollar et de livre sterling continuera de peser sur le marché parallèle.


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