À Lyon, une famille algérienne se retrouve contrainte de vivre dans une voiture depuis un mois. Soraya, son mari Amine et leurs trois enfants, dorment chaque nuit dans leur Citroën stationnée dans le VIIIe arrondissement.
Arrivée d’Algérie il y a huit mois, Soraya explique au Parisien avoir voulu « donner une vie meilleure » à ses enfants. La famille a d’abord été hébergée par un ami à Châtellerault, dans la Vienne. Soraya précise : « Impossible de trouver du travail, car la ville est trop petite. » Durant l’été, le couple décide de rejoindre Lyon, espérant plus d’opportunités. Dans leur Citroën, les enfants occupent les sièges et le coffre, tandis que les parents passent la nuit sur un banc voisin. Soraya décrit cette situation ainsi : « On essaie d’être invisibles. »
Soraya, la mère de cette famille algérienne, indique : « On fait des ménages, ce qu’on peut ici et là. On gagne quelques centaines d’euros par mois. Mais ça n’est pas suffisant pour trouver un studio, dont les prix tournent autour de 900 euros ». La famille a choisi de dormir dans la voiture, considérée comme plus sûre qu’une tente installée dans un jardin public. Soraya ajoute : « Au moins, on peut la fermer à clé et il y a un toit en dur ».
Une rentrée scolaire incertaine
Les trois enfants de cette famille algérienne devraient faire leur rentrée scolaire dans des établissements du quartier. Soraya attend toutefois une confirmation, faute d’avoir pu fournir une domiciliation. Elle explique : « Je suis comme toutes les mamans, je voudrais que mes enfants soient médecins, avocats ou professeurs ».
Cependant, l’absence de logement stable complique leur préparation quotidienne. Soraya souligne : « Quand nous avions un toit, mes enfants étaient bien peignés, bien habillés, chaque matin. Quand on dort dans une voiture, où voulez-vous que l’on se prépare ? Où voulez-vous que l’on se repose après une journée d’école ? ».
Rayane, l’aîné de la famille algérienne, vit la situation avec honte et isolement. Soraya raconte : « Il n’a pas envie de dire à des jeunes de son âge qu’il dort à la rue ». La famille bénéficie d’un accueil de jour offrant repas, douches et soins médicaux, mais doit s’organiser seule pour les devoirs.
Selon Juliette Murtin, enseignante et membre du collectif Jamais sans toit à Lyon, « ces gamins s’endorment en classe, ont du mal à se concentrer… Normal, car leur nuit a été un calvaire ». Le collectif a mis à l’abri 235 enfants en 2025 dans des établissements scolaires de la ville.
🔴 INFO - #Société : Amine, Soraya et leurs trois enfants, arrivés d’Algérie cet été dans le Rhône, dorment dans leur voiture. Leurs visas touristiques sont expirés, et aucune solution d’hébergement durable ne leur a été proposée. pic.twitter.com/GCrsgzGvnQ
— FranceNews24 (@FranceNews24) August 28, 2025
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De plus en plus de familles sans domicile en France
La directrice de la Fédération des acteurs de la solidarité, Nathalie Latour, précise que la hausse du nombre d’enfants sans logement est liée à plusieurs facteurs. « D’une part, la crise du logement et la hausse des expulsions locatives, facilitées depuis la loi Kasbarian votée en 2023 (cette loi vise à enrayer l’occupation illicite de logements) », précise-t-elle, ajoutant également que la situation s’explique par « la dégradation grandissante de l’accès au titre de séjour. »
Nathalie Latour souligne que la présence accrue de familles sans domicile est désormais une réalité que tout le monde observe quotidiennement : « Aujourd’hui, en France, il n’y a pas une maraude qui ne croise pas une famille sans toit ». Elle met en avant les conséquences de cette précarité : « La gestion à court terme des enfants SDF est délétère. Leurs parcours complexes engendrent des coûts éducatifs, médicaux et sociaux très importants pour la société, à l’avenir ».
