Les services de sécurité ont annoncé la saisie de 63 faux passeports algériens dans le cadre d’une enquête menée à la suite de plusieurs signalements. L’opération a ciblé des employés de la commune de Khenchela, soupçonnés d’avoir facilité la délivrance de documents biométriques frauduleux. Selon les informations communiquées, douze personnes travaillant au sein de la municipalité ont été interpellées.
L’enquête, ouverte officiellement le 29 juillet 2024 par la brigade spécialisée dans la lutte contre la traite des personnes, a révélé l’existence d’un réseau organisé impliqué dans la falsification et la distribution de passeports algériens. Parmi les personnes mises en cause figure Kh. Aymen, ingénieur d’État en informatique et coordinateur du service biométrique. D’autres fonctionnaires municipaux, ainsi que des individus extérieurs exerçant notamment dans le transport de marchandises, auraient également participé aux activités du réseau.
Les investigations ont mis en évidence que certains passeports saisis étaient destinés à des personnes se trouvant à l’étranger ou ne résidant pas en Algérie. D’autres documents ont été interceptés alors qu’ils étaient en cours de livraison à travers des canaux parallèles. Deux points de distribution ont été identifiés : un magasin de vente de pièces détachées et une agence automobile. Ces lieux étaient utilisés pour remettre les documents contrefaits aux clients.
Un faux passeport algérien pour 2 500 euros
Les enquêteurs ont découvert que la mise en contact entre les faussaires et les bénéficiaires passait par les réseaux sociaux. Un compte actif sur l’application Snapchat, a été identifié comme un canal de communication central. Ce compte utilisait un numéro de téléphone étranger pour proposer des services liés aux passeports algériens. Le tarif annoncé pour l’obtention d’un document frauduleux était de 2 500 euros.
Les perquisitions menées au domicile et sur les lieux de travail de certains suspects ont permis de récupérer des dossiers administratifs, des fichiers numériques et des supports techniques utilisés dans la production des faux passeports. Les enquêteurs ont également saisi des sommes d’argent considérées comme des gains provenant de cette activité illégale.
L’instruction judiciaire a confirmé l’implication de plusieurs employés municipaux dans la manipulation des fichiers informatiques nécessaires à l’émission des documents biométriques. Cette implication a facilité la production de passeports algériens falsifiés en intégrant les données personnelles des clients directement dans le système officiel, avant l’impression et la remise des documents.
Plusieurs chefs d’accusation
Les personnes interpellées font face à plusieurs chefs d’accusation. Elles sont poursuivies pour faux et usage de faux dans des documents administratifs, formation d’une association de malfaiteurs, abus de fonction, obtention d’avantages indus et atteinte à la confiance publique.
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Le dossier a été transmis aux autorités judiciaires compétentes afin de poursuivre les procédures prévues par la loi. Les fonctionnaires impliqués sont suspendus de leurs fonctions dans l’attente du jugement. Selon les éléments communiqués par les services chargés de l’enquête, les autorités judiciaires et sécuritaires poursuivent actuellement les investigations pour identifier d’éventuels complices et remonter la chaîne d’approvisionnement en documents frauduleux.
