France : un ancien terroriste réclame son expulsion vers l’Algérie

Un ancien terroriste, condamné pour sa participation aux attentats de 1995 en France, demande désormais son expulsion vers l’Algérie. Cette requête fait suite à une décision de justice autorisant sa libération sous condition d’éloignement du territoire national. L’affaire soulève des questions sur les enjeux juridiques et diplomatiques entourant son cas.

Boualem Bensaïd, âgé de 57 ans, est incarcéré en France depuis près de trente ans. Il a été reconnu coupable d’avoir posé une bombe dans le RER B à la station Saint-Michel à Paris, le 25 juillet 1995, un attentat qui a causé huit morts et cent cinquante blessés.

Condamné à la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de vingt-deux ans, il relève désormais d’une décision de la cour d’appel de Paris en date du 10 juillet, comme le rapporte Le Dauphiné Libéré. Cette décision prévoit sa libération à compter du 1er août 2025, à condition qu’il soit expulsé vers l’Algérie.

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Malgré cette décision, Boualem Bensaïd est toujours détenu au centre pénitentiaire d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin. Une demande de laissez-passer a été transmise fin juillet au consulat d’Algérie à Strasbourg, mais aucune réponse n’a été obtenue.

Les démarches pour une expulsion

Le 9 août, l’intéressé a saisi le tribunal administratif de Strasbourg via une procédure de référé-liberté, demandant son expulsion vers l’Algérie dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement. Il a également sollicité une assignation à résidence en attendant son éloignement, sans succès à ce stade.

Selon la requête déposée par son avocat, Me Romain Ruiz, l’inaction des autorités françaises pourrait s’expliquer par des considérations politiques. Le ministère de l’Intérieur redouterait un refus des autorités algériennes, comme cela s’est produit en janvier avec l’expulsion de l’influenceur algérien Boualem Naman, alias Doualemn.

Celui-ci avait été renvoyé en France peu après son arrivée en Algérie, créant un incident diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a toutefois exprimé le souhait que l’Algérie accepte Boualem Bensaïd.

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Le contexte des attentats de 1995

Les attentats de 1995, revendiqués par le Groupe islamique armé (GIA), visaient la France en raison de son soutien présumé au régime algérien de l’époque. Boualem Bensaïd a été condamné définitivement en 2003 pour son rôle dans cette vague d’attaques. Son cas continue de symboliser les défis posés par la réinsertion et l’expulsion des anciens terroristes après l’exécution de leur peine.

La demande d’expulsion de Boualem Bensaïd vers l’Algérie met en lumière les tensions entre impératifs judiciaires et considérations géopolitiques. Alors que la justice française a validé sa libération conditionnelle, son avenir dépend désormais d’une décision des autorités algériennes et du ministère de l’Intérieur français.


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