Production nationale en Algérie : mise en garde ferme de Tebboune

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a adressé, jeudi 2 octobre, un message clair aux responsables économiques du pays. Lors d’une rencontre avec des opérateurs au Centre international de conférences d’Alger, il a émis deux avertissements fermes concernant l’approvisionnement en matières premières et le respect des engagements envers les producteurs locaux.

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de garantir l’activité continue des unités industrielles, rappelant que la disponibilité de la matière première est un enjeu central pour l’économie. Il a déclaré ne pas vouloir qu’une usine réduise son chiffre d’affaires à cause d’une interdiction d’importation. « La matière première est une priorité des priorités », a-t-il souligné, précisant qu’au besoin, l’Algérie doublera les volumes importés.

Cette déclaration intervient dans un contexte où l’exécutif vise à relancer l’industrie nationale, dont la contribution au PIB est passée de 18 % en 1972 à seulement 3 % en 2019. Le président a appelé les entreprises à exploiter leurs capacités installées en adoptant un fonctionnement en trois équipes, en particulier pour les secteurs à forte demande.

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Algérie : des engagements à respecter sous peine de sanctions

Le second avertissement du président a été dirigé vers l’administration et les acteurs institutionnels susceptibles de freiner la dynamique industrielle. « Tout manquement aux engagements envers les producteurs ne restera pas sans conséquence et l’auteur en paiera le prix lourd », a-t-il déclaré devant le Premier ministre. Il a évoqué l’accès au foncier industriel, aux crédits et à d’autres leviers indispensables au développement de l’activité productive.

L’objectif est de consolider un environnement économique favorable pour permettre aux acteurs de concrétiser les projets enregistrés auprès de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), soit plus de 17'000 projets pour environ 420'000 emplois potentiels. Tebboune a également évoqué l’essor des start-up, passées de 200 à près de 10'000 en quelques années.

La production locale, enjeu de crédibilité internationale

Ces mises en garde prennent tout leur sens dans le cadre de l’organisation de l’IATF 2025 à Alger, vitrine pour la production algérienne sur le continent africain. Le président a salué les contrats signés, notamment celui avec le Nigeria pour la fourniture de 2 millions de terminaux de paiement, tout en appelant à renforcer la performance industrielle locale pour répondre aux attentes du marché africain.

Tebboune a conclu en affirmant que l’Algérie doit s’appuyer sur des producteurs compétitifs pour s’imposer durablement à l’international.

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