Depuis plusieurs mois, l'euro connaît une forte hausse face au dinar algérien, atteignant des niveaux historiques sur le marché parallèle. Cette hausse, alimentée par une demande importante et une offre limitée de devises, suscite des interrogations sur les impacts économiques à court et moyen terme pour l'Algérie.
Depuis plusieurs mois, l’euro a atteint des niveaux élevés sur le marché parallèle en Algérie. Le 14 octobre 2025, les cambistes du square Port-Saïd à Alger proposaient 100 euros pour environ 26 870 dinars, soit environ 268,70 DZD pour 1 euro. Cette évolution marque un nouveau record pour la devise européenne face à la monnaie nationale. À cette date, l’euro a franchi la barre des 268 dinars, se rapprochant ainsi de 270 dinars, une frontière symbolique que certains analystes estiment susceptible d’être atteinte d'ici la fin de l'année 2025 ou début 2026.
La demande explose sur le marché noir
Plusieurs éléments expliquent cette situation. Tout d’abord, la demande accrue de devises étrangères sur le marché parallèle joue un rôle important. Selon les informations fournies par les cambistes, des groupes comme les importateurs de véhicules, les étudiants qui partent à l'étranger, ainsi que les micro-importateurs légalisés, augmentent leur demande de devises. Cette dynamique fait pression sur le marché de l’euro, le rapprochant ainsi des niveaux record.
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Un autre facteur influençant cette hausse est l’offre limitée de devises. Les contrôles douaniers renforcés en Algérie, ainsi que les restrictions sur les transferts de devises, ont contribué à une réduction de la disponibilité des devises étrangères. La Banque d'Algérie, qui fixe le taux officiel, n'a pas modifié sa politique, maintenant ainsi un écart substantiel avec le marché parallèle. À titre de comparaison, le taux officiel de la Banque d’Algérie est fixé à environ 151 dinars pour 1 euro, ce qui crée une différence importante avec le taux observé sur le marché parallèle.
Le taux de change officiel, qui est appliqué pour les transactions administratives et officielles, est clairement inférieur à celui observé dans le marché parallèle. Le marché parallèle, où l’offre et la demande dictent les fluctuations, semble avoir un poids de plus en plus grand face aux taux officiels. Cela pourrait également avoir des implications pour les transferts de fonds effectués par des citoyens et des expatriés algériens, ainsi que pour les transactions commerciales internationales.
L'impact sur l'économie algérienne et les voyageurs
L’évolution du taux de l’euro pourrait également avoir un impact sur les voyageurs étrangers en Algérie. Avec l’euro qui atteint des niveaux élevés sur le marché parallèle, ces derniers bénéficient d’un pouvoir d’achat plus important. Les touristes européens, par exemple, peuvent profiter d’une monnaie qui leur permet de bénéficier de biens et services à des prix relativement plus bas que dans leurs pays d’origine. Cela pourrait contribuer à encourager certains flux touristiques en Algérie, en particulier si la tendance à la hausse de la devise persiste.
Parallèlement, cette situation a des conséquences pour les importateurs, qui doivent faire face à un coût de devises plus élevé. Cela pourrait affecter le prix des produits importés et perturber certains secteurs économiques dépendants des échanges internationaux.
L'euro se dirige vers un nouveau record
Le taux de l'euro sur le marché parallèle pourrait continuer d'évoluer dans les prochains mois. Les analystes prévoient qu’il pourrait franchir la barre des 270 dinars d'ici la fin de l'année 2025, voire début 2026, en fonction de l’évolution de la demande et de l’offre de devises. Il reste à voir si cette tendance se maintiendra, ou si des ajustements économiques, notamment en termes de politique monétaire, pourraient intervenir pour tenter de stabiliser la situation.
Dans ce contexte, il est important de suivre de près les évolutions sur le marché des devises en Algérie. Les autorités algériennes et les acteurs économiques continueront à observer cette dynamique, car elle pourrait avoir des répercussions sur plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, notamment ceux liés à l'importation, au tourisme, et aux transferts de fonds.
