Le groupe Sonelgaz a obtenu le versement de 54,8 millions d'euros dans le cadre d'un différend contractuel avec son partenaire espagnol. Cette opération financière, qualifiée d'inattendue par la partie adverse, intervient dans un contexte de relations commerciales complexes autour d'un projet énergétique en Algérie.
Par l'intermédiaire de sa filiale Sonelgaz Production d'Électricité (SPE), l'entreprise algérienne a procédé à l'exécution des garanties bancaires liées au contrat de construction d'une centrale électrique à cycle combiné à Djelfa. Cette action, intervenue dans le cadre du différend l'opposant à la société espagnole Duro Felguera, porte sur un montant de 54,8 millions d'euros.
Selon l’agence Europa Press, cette opération s'inscrit dans le cadre du contrat signé en février 2014 entre Sonelgaz et Duro Felguera pour la construction d'une centrale à cycle combiné à Djelfa, en Algérie. Le projet représentait un investissement initial estimé à 544 millions d'euros et devait développer une puissance électrique d'environ 1 200 mégawatts.
Économie Algérie : 9 cargaisons pétrolières exceptionnelles expédiées vers 8 pays en 2026
La réaction de l'entreprise espagnole
Duro Felguera a formalisé sa position auprès de la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV) en Espagne. L'entreprise espagnole a indiqué avoir anticipé cette situation dans son plan de restructuration, préalablement approuvé par ses créanciers. Elle a également précisé que cet événement n'affectait pas le déroulement du processus judiciaire en cours.
L'entreprise espagnole a déclaré qu'elle entreprendrait toutes les actions nécessaires pour défendre ses droits. Ces actions pourraient intervenir dans le cadre de la procédure d'arbitrage déjà ouverte ou par d'autres démarches juridiques liées au projet. Des discussions restent en cours entre les deux parties pour trouver une solution définitive.
Le contexte contractuel du projet
Le contrat initial entre Sonelgaz et Duro Felguera datait de février 2014. Il concernait spécifiquement la construction de la centrale électrique à cycle combiné de Djelfa. Ce projet avait été suspendu en juin 2024 avant d'être réactivé grâce à un mémorandum d'entente signé en avril 2025.
Ce mémorandum prévoyait la cession du projet à un groupement dirigé par China Power Engineering & Consulting Group International Engineering. La participation de GE Energy Products France était également prévue dans ce nouveau montage. L'accord visait également à parvenir à une résolution amiable des différends entre les deux parties.
Économie Gazoduc transsaharien : nouveau coup au projet marocain concurrent
Les procédures d'arbitrage en cours
Sonelgaz avait saisi la Chambre de commerce et d'industrie d'Algérie pour engager une procédure d'arbitrage contre Duro Felguera. La demande algérienne portait sur la levée de la suspension du contrat et la reprise des travaux. L'entreprise algérienne réclamait également une indemnisation estimée à environ 413 millions d'euros.
Cet arbitrage avait conduit Duro Felguera à se placer en situation de pré-faillite en décembre 2024. La société espagnole avait dû réviser ses résultats financiers depuis 2022. Elle avait notamment constitué une provision de 100 millions d'euros spécifiquement pour le projet de Djelfa dans ses comptes.
